La province du Kongo Central en faillite : Plusieurs agents chassés de leurs maisons et d’autres hospitalisés dans un état sévère

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Bruxelles, 06/08 – Je l’avais déjà annoncé dans mon carnet de voyage, publié dans Le Signal du Continent à l’issue de mon séjour effectué en avril 2017 à Matadi, la riche province du Kongo Central est paradoxalement presque déclarée en faillite. En effet, les agents de l’administration provinciale n’ont plus perçu leurs salaires depuis aujourd’hui 9 mois, à croire une correspondance d’un député national ressortissant de cette entité.

Aux termes du document intitulé « SOS Kongo Central » reçu par Le Signal, le député national Albert Fabrice Puela tire la sonnette d’alarme face au sort malheureux que connaissent le personnel politique, administratif et autres collaborateurs des institutions de la province « presque réduits au triste statut de clochards et de sans domicile fixe(SDF) à cause du cynisme et de l’égocentrisme du gouverneur, M. Jacques Mbadu ».

M. Puela qui écrit ne pas savoir « comment qualifier un gouverneur qui, à dessein et pendant neuf mois, affame ses collaborateurs, tous responsables de familles », fait remarquer que d’après les informations en sa possession, les rétrocessions du gouvernement central sont régulières, la régie provinciale (DGRKC, ex-REPERE)et les différents points de péage produisent quotidiennement des recettes, sans compter la quote-part provinciale des royalties pétrolières. « Mais où diable ce gouverneur met-il tout cet argent ? » questionne l’élu de Matadi.

A cet effet, il cite quelques cas d’infortune, notamment celui d’un agent qui, noyé dans les soucis dus au non-paiement de ses rémunérations, a été foudroyé par un sévère AVC et se trouve aujourd’hui abandonné dans une formation médicale de Kinshasa, dans un état grabataire. Un autre a été sommé par son bailleur de libérer sa maison, avec femme et enfants, à la suite de son incapacité d’honorer le loyer depuis huit mois. Il n’a pu supporter le choc  et a piqué une crise, avant d’être acheminé à l’hôpital général de Kinkanda, à Matadi, où il est entre la vie et la mort aux soins intensifs.

Voici dans son intégralité le document du député national Albert Fabrice Puela :

«  SOS KONGO CENTRAL ! Alerte !

Le personnel politique, administratif et autres collaborateurs des institutions politiques de la province chère au Président Joseph Kasa-Vubu, presque tous réduits au triste statut de clochard et de SDF (Sans domicile fixe) à cause du cynisme (méchanceté exagérée), de l'égocentrisme et de la kleptomanie du Gouverneur de ladite province.

J'ai beaucoup de respect pour la fonction de Gouverneur de province, mais je ne sais comment qualifier celui qui, à dessein et pendant 9 mois, affame ses collaborateurs (tous responsables de famille) ? Pourtant, suivant les informations à notre possession, les rétrocessions du gouvernement central sont régulières, la régie provinciale (DGRKC ex-REPERE) et les différents péages produisent quotidiennement. Sans parler de la quote-part provinciale des royalties pétrolières... Mais où diable, ce Gouverneur met-il tout cet argent?

Pour illustration, nous vous donnons deux cas: 1. Le prétentieux et pédant conseiller juridique; l'homme orchestre (sous les ordres de son chef bien sûr), de l'emprisonnement du très regretté Ministre Provincial Raymond Nsumbu Badika, décédé en prison voici trois ans, et de l'éviction des députés provinciaux Deo Nkusu et Romain Photo; ce monsieur, noyé dans les soucis dus au non-paiement de ses rémunérations, a été foudroyé par un très sévère AVC. Présentement dans un état grabataire, il est abandonné dans l'une des formations médicales de Kinshasa;

2. Le samedi dernier, le prénommé Fidèle, mieux connu sous le pseudonyme de Fifi, jardinier du gouvernorat de son état (et proche à la famille du docteur Bavuidi); au vue de la sommation de son bailleur de libérer sa maison suite aux impaiements de huit mois des loyers; n'a pu supporter le choc, il est tombé et a été acheminé d'urgence à l'hôpital général de Kinkanda où il est entre la vie et la mort aux soins intensifs jusqu'à ce net instant. (les saints Thomas peuvent vérifier). Son infortunée épouse fait d'interminables tours au gouvernorat avec des ordonnances mais en vain.

Au neuvième mois d'impaiement les damnés du roitelet forestier se demandent qui va les sortir de cette situation? Devant le mutisme des députés provinciaux qui ne peuvent pas parler la bouche pleine, il nous revient d'élever nos voix pour soutenir ces compatriotes qui doivent rentrer dans leurs droits, avant que tous ne soient admis dans des hôpitaux ou ne meurent carrément. Trop, c'est vraiment trop.

Albert Fabrice Puela »

 

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