L’Afrique impose ses vues au Sommet de Lisbonne

Publié le par Cornelis Nlandu-Tsasa

  
L'Afrique a fait entendre sa voix au Sommet UE-UA de Lisbonne
 
Bruxelles – Les Africains et les Européens ont adopté une Stratégie conjointe consistant en des principes « d’un partenariat d’égal à égal » censé ouvrir une nouvelle forme de leurs relations, au terme du deuxième sommet Union Européenne-Afrique.
mugabe.jpgAu cours de ce sommet qui s’est tenu à la fin du week-end dernier à Lisbonne et qui avait réuni 27 pays européens et 53 pays africains, l’Afrique a fait entendre ses exigences, parfois avec véhémence, sur un avenir commun avec l’Union européenne. Presque une revanche pour l’Afrique, longtemps considérée comme un « simple fardeau » et qui trace aujourd’hui sa propre voie, parfois avec de nouveaux partenaires, dont des pays émergeants comme la Chine, l’Inde, le Brésil, effrayant ainsi l’Europe.
La stratégie conjointe prévoit donc différents niveaux de coopération (nationaux, bilatéraux et mondiaux), dans une approche qui encourage les canaux multilatéraux, et cherche à manipuler les multiples dimensions des relations de manière intégrée. 
 
Les principaux points de stratégie conjointe :
 
I – Les objectifs et les nouvelles approches embrassés par une vision partagée et un ensemble de valeurs et de principes communs. La stratégie conjointe UE-UA reflète la nouvelle nature de cette relation en mettant en place :
- Une politique de partenariat d’égal à égal, qui s’adresse aux problèmes bilatéraux et aux défis mondiaux communs, qui va promouvoir les approches intégrées et de l’ensemble de l’Afrique et sera un vaste et large partenariat centré sur l’homme.
II –Les priorités de la politique. Ce comportement stratégique, au sens large, englobe quatre groupes de priorités de la politique, à savoir :

Paix et sécurité
Bien que l’architecture africaine de paix et de sécurité (APSA) ait pris forme et que l’UE soit devenue un partenaire politique qui favorise la direction de l’Afrique dans la lutte contre les crises et les conflits africains, l’Afrique et l’UE considèrent qu’il y a encore des domaines dans lesquels les deux parties peuvent se soutenir pour développer leur coopération, non seulement pour promouvoir la paix et la sécurité dans les deux continents, mais aussi pour aborder des sujets d’intérêt commun sur la scène internationale, qui sont :
-         accroître l’appui aux agendas et aux capacités africaines, en particulier aux efforts de l’Union africaine pour mettre pleinement en œuvre l’APSA ;
-         - surmonter le défi de fourniture du fonds durable, prévisible et souple pour les opérations de paix sous le commandement africain ;
-         - renforcer le dialogue et la coopération institutionnelle, c’est-à-dire un échange systématique d’opinions ainsi que l’adoption et la mise en œuvre des positions communes sur les questions mondiales ;
-         - soutenir et promouvoir le rôle de la société civile et des acteurs non étatiques en matière de sécurité.
 
Gouvernance et droits de l’homme
union-africaine2.jpgPlacer la promotion de la gouvernance démocratique et des droits de l’homme comme un élément central du partenariat UE-Afrique signifie que les deux parties vont conjuguer leurs efforts en faveur de l’amélioration de l’efficacité du système multilatéral et de la promotion des valeurs de la démocratie, de la gouvernance, de la primauté du droit et des droits de l’homme.
Le partenariat stratégique UE-Afrique facilitera donc un processus ouvert, le dialogue intensif et complet sur tous les aspects de la gouvernance, ainsi qu’une utilisation plus systématique et plus efficace des instruments, des mécanismes et des modalités de financement existants. Cela permettra aussi aux deux parties de définir et de s’entendre sur des positions communes sur des questions d’intérêt commun et d’entreprendre conjointement des initiatives spécifiques et des actions.

Commerce et intégration régionale
Dans ce domaine, l’UE et l’Afrique travailleront à l’amélioration de la gouvernance économique et du climat d’investissement en Afrique. Les principaux objectifs poursuivis par le dialogue UE-Afrique vont être :
(1)   le développement du secteur privé soutenu par des investissements étrangers pour renforcer l’offre des économies africaines, 
(2)    le développement et le renforcement des réseaux d’infrastructures physiques nécessaires à la circulation des personnes, des biens, de l’information, et
(3)    l’intégration commerciale qui est vitale pour accroître à la fois les échanges commerciaux Sud-Sud et Nord-Sud.
Au niveau mondial, l’UE et l’Afrique chercheront à promouvoir la gouvernance économique mondiale, et à soutenir l’intégration de l’Afrique dans l’économie mondiale, notamment par la coordination des positions de l’UA aux forums internationaux.  
Les principales questions de développement entre l’UF et l’Afrique se concentreront également sur l’apport d’une contribution essentielle à la réalisation des objectifs de développement du Millénaire. Pour ce faire l’UE réaffirme son engagement à fournir une aide supplémentaire et les pays africains s’engagent à progresser continuellement dans le traitement des préoccupations essentielles et les deux parties réaffirment leur volonté de continuer à appliquer la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide.
 
Signature des documents de stratégie du 10ème FED
La Commission européenne a signé dimanche les documents de stratégie par pays du 10ème Fonds européen de développement (FED) avec 31 pays d’Afrique sub-saharienne. L’enveloppe de 8 milliards d’euros est prévue pour la période 2008-2013. Les (8) huit priorités reflètent le nouvel agenda du partenariat lancé à Lisbonne :Paix et Sécurité.
 
Le Signal du Continent

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