Grands Lacs: Création d’un «groupe de travail permanent» sur constat de faiblesse de l’armée congolaise

Publié le par Cornelis Nlandu-Tsasa

  
Sécurité aux Grands Lacs: Création d’un «groupe de travail permanent» et constat de faiblesse de l’armée congolaise 
 
Goma - La République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, parrainés notamment par l’ONU, l’Union africaine, l’Union européenne et les Etats-Unis, ont approuvé dimanche à Goma la création d’un «groupe de travail permanent» pour oeuvrer à la stabilisation dans les Grands Lacs.
«La création d’une «task force», un groupe de travail permanent pour assurer le suivi et la mise en oeuvre des dispositions du communiqué conjoint de Nairobi », a été décidée, a déclaré à la presse Haile Menkerios, sous-secrétaire général de l’ONU, à l’issue d’une réunion au chef-lieu du Nord-Kivu.
brutalite.jpgAu cours de précédentes rencontres à Nairobi puis Addis Abeba, Kinshasa s’est engagé à traquer les rebelles hutu rwandais présents sur son sol et a présenté un plan pour neutraliser ces miliciens, dont certains ont participé au génocide rwandais de 1994 - essentiellement dirigé contre la minorité tutsi. De son côté, Kigali s’est engagé à s’abstenir de tout soutien à un groupe armé en RDC, en particulier celui du chef rebelle tutsi Laurent Nkundabatware, qui se pose depuis des années en défenseur de sa communauté et combat depuis trois mois l’armée congolaise au Nord-Kivu.
Le retour de la stabilité régionale «ne pourra être possible que lorsque l’ensemble des groupes armés congolais et étrangers auront été neutralisés», a souligné M. Menkerios. Pour plus d’efficacité, le «groupe de travail permanent» sera basé à Goma et débutera ses travaux dès «la semaine prochaine», a-t-il ajouté. Cette task force sera notamment composée de représentants de RDC, du Rwanda, des pays de la conférence des Grands Lacs, de l’Union africaine, de l’Union européenne, des Etats-Unis, de l’ONU et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) - qui ont tous participé à la rencontre de Goma.
La réunion de Goma s’est tenue dans un contexte explosif: cette semaine, les troupes insurgées ralliées à Nkunda, se sont affrontés avec les Forces loyalistes au Nord-Kivu. Les insurgés ont repris le contrôle de toutes les positions qu’ils occupaient dans cette province à la fin août et le front s’est stabilisé le 11 décembre autour de Sake (30 km au Nord-Ouest de Goma), une cité désormais défendue par des Casques bleus.
Fort de ses victoires militaires, Nkunda a exigé l’ouverture de négociations avec Kinshasa, demandant notamment la neutralisation des rebelles hutu rwandais regroupés au sein des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
Les Etats-Unis ont à plusieurs reprises appelé Nkunda à rendre les armes et à s’exiler pour éviter un bain de sang au Nord-Kivu, tout en plaidant pour «un renforcement rapide des institutions de sécurité en RDC», dans le cadre de la lutte contre les FDLR.
Kinshasa voulait «régler le problème de Nkunda avant de s’attaquer aux FDLR», alors que Kigali, dont Nkunda est considéré comme le cheval de Troie, «fait pression pour que des opérations militaires soient lancées d’urgence contre les FDLR», a-t-il poursuivi.
Pour un autre diplomate, «on ne voit pas comment on pourra régler l’un ou l’autre problème militairement, étant donné la faiblesse de l’armée congolaise. Seule une forte pression diplomatique sur Kigali et Kinshasa pourra faire descendre la pression».
 
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