Le camp Nkunda regagne la conférence de Goma

Publié le par Cornelis Nlandu-Tsasa

  
Le camp Nkunda regagne la conférence sur la paix à Goma
 
Goma - Le chef rebelle Laurent Nkundabatware a annoncé jeudi soir que sa délégation participerait à nouveau vendredi à la conférence sur la paix dans les régions troublées de l’est de la République démocratique du Congo (RDC), après une suspension de 24 heures.
Danse-des-militaires.jpgSelon le dissident, joint par téléphone dans les montagnes par l’AFP, «Un compromis a été trouvé entre le bureau de la conférence, le gouvernement et nous. Demain (vendredi), le CNDP (Congrès national pour la défense du peuple, mouvement politico-militaire de Nkunda) reprendra sa participation».
A l’issue d’une réunion jeudi après-midi avec les organisateurs et des responsables de l’Agence nationale de renseignements (ANR), le chef de la délégation du CNDP, Kambasu Ngeze, a expliqué avoir obtenu des garanties de sécurité. «Consigne a été donnée à tous les agents de l’ordre de veiller à notre sécurité. Nous avons confiance» en cet engagement du gouvernement, a-t-il ajouté.
Le CNDP est un acteur majeur de la crise actuelle au Nord-Kivu, étant parmi les trois grands groupes qui sèment l’insécurité et massacrent les populations civiles et sont coupables de viols d’enfants et de femmes.
La conférence de Goma, qui regroupe désormais 1.300 participants (contre les 500 initialement prévus), a été lancée à l’initiative du président Joseph Kabila pour jeter les bases d’une «paix durable» et d’un «développement intégral» dans les Kivu, après le cuisant revers subi par les Forces armées de la RDC (Fardc).
Elle accueille des parlementaires, des représentants de la société civile, des responsables des communautés ethniques, des militaires et des délégués de différents groupes armés congolais sévissant dans la région.
La délégation du chef rebelle Laurent Nkunda avait annoncé jeudi la suspension de sa participation à la conférence sur la paix, ouverte le 6 janvier à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, pour des raisons de sécurité, à la suite de «l’arrestation» de Séraphin Mirindi, un cadre du CNDP pris à tort pour un homonyme recherché par la justice congolaise, a-t-il ajouté.
Le responsable des Affaires politiques de la Monuc m’a dit que j’étais en état d’arrestation pour avoir participé à l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila (le père de l’actuel président, assassiné en 2001)», a déclaré M. Mirindi.
«J’ai dit que je ne comprenais pas. Et il s’est rendu compte que la personne recherchée était un certain colonel Georges Mirindi et non pas moi, Séraphin Mirindi», a-t-il poursuivi.
«C’est très grave. Comment peut-on vouloir arrêter un membre d’une délégation venu à une conférence sur la paix? C’est pourquoi la direction du CNDP a décidé de suspendre sa participation», a-t-il expliqué avant d’estimer : «Cela prouve à suffisance que le gouvernement cherche une chose et son contraire. Nous sommes en concertation avec les organisateurs (de la conférence) et les responsables du gouvernement pour qu’ils nous donnent des garanties», a ajouté M. Ngeze.
Les débats se sont par ailleurs poursuivis jeudi dans le cadre de la conférence, avec des exposés de différents représentants des communautés ethniques des Nord et Sud-Kivu.
 
Le Signal du Continent/APA
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