Clôture de la Conférence de paix une nouvelle fois repoussée : Le rebelle tutsi monte les enchères

Publié le par Cornelis Nlandu-Tsasa

 
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Quotidien du mercredi 23 janvier 2008
 
 
RDC – INFOS NATIONALES
 
Clôture de la Conférence de paix une nouvelle fois repoussée : Le rebelle tutsi monte les enchères
 
Goma – La clôture de la conférence de paix au Kivu, initialement prévue mardi, a été repoussée du fait de blocages avec l’un des principaux groupes armés de ces régions troublées de l’est de la République démocratique duCongo (RDC), a appris l’AFP des organisateurs. «Nous allons poursuivre la plénière demain (mercredi) et la cérémonie de clôture sera probable(ment) demain», a déclaré à l’AFP Sekimonyo wa Magangu, le rapporteur général de la conférence.
Danse-des-militaires.jpgLe mouvement politico-militaire du chef rebelle Tutsi Laurent Nkundabatware, acteur clef de la crise actuelle au Nord-Kivu, a posé de nouvelles conditions à son adhésion à un «acte d’engagement» pour une cessation des hostilités, selon un de ses délégués.
Cafouillages avant la clôture. La dernière grande session plénière de la conférence a débuté mardi à Goma en l’absence des délégués des groupes armés, qui réclament des ajustements de dernière minute.
Des centaines d’élus, de délégués des communautés ethniques, de la société civile, ainsi que des membres du gouvernement congolais et des représentants de la communauté internationale assistaient à cette séance, à l’Université libre des Grands Lacs de Goma (chef -lieu du Nord-Kivu), a-t-on constaté.
Sekimonyo wa Magangu, le rapporteur général de la conférence, censée adopter des «recommandations» pour la paix et le développement durable au Kivu, a annoncé que la séance serait consacrée à la lecture d’un rapport général sur les travaux de la conférence et à l’adoption des rapports des ateliers des Nord et Sud-Kivu.
Il n’a pas commenté l’absence des délégués des groupes armés du Nord-Kivu, encore occupés à demander aux autorités congolaises et aux chefs du bureau de la conférence des éclaircissements sur certains points de l’«acte d’engagement» pour une cessation des hostilités qu’ils se sont engagés à signer.
Le rapporteur général a simplement indiqué que l’abbé Apollinaire Malu Malu, président de la conférence et Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale et du comité des sages de la conférence, étaient encore retenus par «d’autres occupations».
 
Les engagements prévus
 
Les actes d’engagements (un pour chacune des provinces, rédigés dans les mêmes termes) prévoient un cessez-le-feu immédiat et un désengagement progressif des troupes sur le terrain. Ils ont été adoptés lundi soir par les différents groupes armés du Kivu, et devaient être signés mardi.
La signature de ces documents ainsi que des «recommandations» de la conférence doivent, selon le programme initial, être signés en présence du président Joseph Kabila lors de la cérémonie de clôture de ces assises. Moins d’une heure après le début de la plénière (vers13H00 GMT), la séance a été interrompue car tous les participants n’avaient pas encore reçu copie des rapports d’ateliers.
Réunis depuis le 6 janvier à Goma, les conférenciers se sont déjà mis d’accord sur les principales recommandations qu’ils adresseront au gouvernement et au Parlement congolais. Ils ont unanimement exigé, dans des rapports préliminaires, le retour à la sécurité et le rétablissement de l’autorité de l’Etat dans les deux provinces, qui comptent au total plus d’un million de déplacés internes et où des groupes armés locaux et étrangers continuent de semer la terreur.
Ils ont demandé le rapatriement dans leur pays des combattants étrangers, notamment des rebelles hutu rwandaiset appelé au retour «dans la sécurité» des déplacés internes et des Congolais encore réfugiés dans les pays voisins.
Mais ces recommandations n’auront «aucun impact», prévient un diplomate, si les groupes armés ne signent pas l’«acte d’engagement», qui serait le premier engagement collectif et public des belligérants depuis la fin de la dernière guerre en RDC (1998-2003), après celle de 1996.
 
Une ONG s’insurge contre la proposition d’amnistier Nkunda
 
Kinshasa - L’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO) a exprimé mardi son opposition catégorique à l’idée d’une proposition d’accorder une amnistie générale au général déchu Laurent Nkundabatware, estimant qu’elle tendrait non seulement à consacrer l’impunité, mais aussi, à entraver l’action judiciaire entreprise.
undefinedDans un communiqué signé par le président de cette ONG, Amigo Ngonde Funsu, l’ASADHO explique que le général rebelle a commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité qui sont imprescriptibles et non amnistiables. Ce qui a poussé le Procureur général de la République à lancer contre lui un mandat d’arrêt international non encore révoqué jusqu’à ce jour, les poursuites restant ouvertes.
On ne peut pas obtenir la réconciliation en foulant au pied la justice, seul schéma capable d’amener le pays à la paix durable et à la vraie sécurité, estime l’ASADHO. Pour l’ONG, la Conférence de Goma, « œuvre du pouvoir exécutif, n’a aucune compétence pour interférer sur les procédures judiciaires au nom du principe de la séparation des pouvoirs ».
L’ASADHO précise que le discours d’orientation de cette conférence qui a été lu par le ministre de l’Intérieur était clair en ce qui concerne les crimes commis dans l’Est du pays. Elle exhorte le gouvernement à ne pas accepter pareille proposition, car le contraire constituerait une mesure de« deux poids, deux mesures ».
L’ASADHO se demande comment on peut, en hommes sensés, imaginer, et expliquer, qu’on ait engagé des poursuites judiciaires contre Thomas Lubanga, Germain Katanga, Tshinja Tshinja et Gédéon Kyungu et amnistier Laurent Nkundabatware.
Par ailleurs, l’ONG trouve curieux que le gouvernement congolais « qui refuse le bénéfice de la loi portant amnistie en vigueur » aux bénéficiaires condamnés pour les infractions politiques (Prospère Kabumba, Césaire Muzima Mwenyezi, Emmanuel Shagi Bazi et Pascal Marhegane), puisse envisager la possibilité d’amnistier Laurent Kunda, auteur de crimes plus graves.
 
Conflits et crise humanitaire depuis 1996 en RDC : 5,4 millions de morts
 
Kinshasa -Quelque 5,4 millions de personnes sont mortes depuis1996 des suites directes ou indirectes des violences et de la crise humanitaire en RDC, selon un rapport publié mardi par l’organisation non gouvernementale International Rescue Committee (IRC), rapporte l’AFP.
Chaque mois, 45.000 personnes meurent des conséquences de la pauvreté et des violences dans ce pays, selon l’ONG. Ces chiffres qui incluent les victimes directes de la dernière guerre sur le sol congolais (1998-2003), de la poursuite des violences après 2003, et celles indirectes provoquées par la maladie ou la malnutrition, combinent les données issues de cinq études de mortalité réalisées au cours des dix dernières années.
«Ce conflit et ces conséquences, en termes de victimes, surpassent celles de tout autre depuis la Seconde Guerre mondiale», a déclaré dans un communiqué le président d’IRC, George Rupp.
«Bien que la guerre au Congo ait officiellement pris fin il y a cinq ans, les violences qui se poursuivent et la pauvreté contribuent à ce bilan stupéfiant. La RDC a vu ses infrastructures (routes, hôpitaux, usines) pratiquement détruites ou laissées à l’abandon depuis la fin du règne du dictateur Mobutu (1965-1997) et l’arrivée de la donne tutsi rwandaise en RDC depuis 1996.
L’ONU estime que 75% des Congolais vivent avec moins de 1 dollar par jour et que 1.200 personnes meurent quotidiennement faute d’accès aux soins de base - alors que l’IRC estime à environ 1.500 le nombre de décès quotidiens, pendant que, dans l’entre-temps, la plupart d’autres pays d’Afrique ont amorcé leur développement et que ce pays, avec ses potentialités, est abandonné en chemin.
 
La gestion des flux migratoires au menu des pourparlers entre la RDC et la Suisse
 
Kinshasa – La gestion des flux migratoires a fait mardi l’objet des pourparlers à Kinshasa entre Colette Tshiomba Ntundu, vice-ministre en charge des Congolais de l’étranger, et une délégation de la Confédération helvétique, en prévision de la signature des accords sur l’immigration.
« Ces pourparlers entamés depuis 2001, autour des questions relatives aux accords sur l’octroi des visas, l’équivalence des diplômes, la régularisation des séjours, l’ouverture au marché d’emploi, l’encouragement et l’aide au retour volontaire, ont été relancés en août dernier », a rappelé Colette Tshiomba.
Elle a précisé que ces échanges avec la délégation suisse déboucheront sur la signature d’un accord, en perspective des éventuelles solutions à l’épineuse question de la migration irrégulière.
De son côté, M. Rudolf Hans Hodel, ambassadeur de la Confédération suisse à Kinshasa, a souligné que la présence de la délégation helvétique confirme la volonté de son pays de régler dans le cadre d’une coopération étroite des questions liées aux mouvements migratoires.
Les parties suisse et congolaise en pourparlers rendront public jeudi le texte de leurs accords qui régira les mouvements migratoires entre la RDC et la Suisse.
 
 
AFRIQUE
 
Kenya : L’UA condamne les «violations massives des droits de l’Homme», demande une enquête
 
Addis Abeba - L’Union africaine (UA) a «condamné les violations massives des droits de l’Homme» ces dernières semaines au Kenya, suite à la contestation des résultats de l’élection présidentielle, dans un communiqué transmis à l’AFP.
Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA dans ce texte «a vivement déploré les pertes en vies humaines, condamné les violations massives des droits de l’homme commises au cours des dernières semaines, et demandé qu’une enquête approfondie soit menée en vue d’identifier les responsables de ces violations et de les traduire en justice».
«Le Conseil a exprimé sa profonde préoccupation face à la situation actuelle et à ses incidences humanitaires, ainsi que face à ses conséquences sur la paix et la stabilité au Kenya et dans l’ensemble de la région», ajoute le communiqué.
Le CPS a également «instamment demandé aux parties de s’engager en faveur d’une solution pacifique à la crise actuelle, à travers le dialogue» et «s’abstiennent de tout acte de violence (...) et fassent en sorte que leurs partisans mettent un terme immédiat à la violence».
Le président en exercice de l’UA, le Ghanéen John Kufuor, s’est rendu début janvier au Kenya pour mener, sans succès, une médiation. L’UA a désigné l’ancien secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, comme médiateur dans la crise. Le Kenya traverse une crise politique majeure depuis la présidentielle du 27 décembre, entachée de fraudes selon l’opposition et de graves irrégularités selon des observateurs internationaux. Les violences ont fait plus de 700 morts.
 
L’opposition dépose plainte devant la CPI pour crimes contre l’humanité
 
L’opposition kenyane a porté plainte devant la Cour pénale internationale (CPI) contre le gouvernement du président Mwai Kibaki en l’accusant de crimes contre l’humanité dans la répression des manifestations organisées par l’opposition, a annoncé mardi un porte-parole de l’opposition.
La police kenyane a eu recours mardi matin aux gaz lacrymogènes pour disperser des centaines de personnes manifestant dans le centre-ville de Nairobi pour soutenir le président Kibaki, a constaté l’AFP. Les violences politico-ethniques au Kenya depuis l’élection présidentielle contestée du 27 décembre ont entraîné une hausse des agressions sexuelles contre les femmes, et particulièrement des viols collectifs, selon des sources hospitalières.
La militante écologiste kenyane Wangari Maathai, prix Nobel de la paix 2004, a critiqué mardi le gouvernement kenyan, estimant qu’il n’avait pas réussi à protéger les civils et avait laissé les affrontements dégénérer.
 
Centrafrique: Le recteur de l’université de Bangui nommé Premier ministre
 
Bangui – Le président centrafricain François Bozizé a nommé mardi le recteur de l’université de Bangui Faustin-Archange Touadéra, 51 ans, au poste de Premier ministre, en remplacement d’Elie Doté, dont le gouvernement a démissionné vendredi, a rapporté la radio nationale citée par l’AFP.
Ce professeur de mathématiques a été chargé par le chef de l’Etat de former un nouveau gouvernement, selon un décret présidentiel lu à la radio. Elie Doté, un économiste également issu de la société civile, avait remis vendredi soir au président Bozizé sa démission ainsi que celle du gouvernement qu’il dirigeait depuis juin 2005.
Sa démission était intervenue en pleine crise sociale, marquée par de graves perturbations dans l’administration et la paralysie de l’école publique, dues à une grève des fonctionnaires depuis le début de l’année.
 
Côte d’Ivoire : Crise dans le parti du putschiste Coulibaly
 
Abidjan - Le parti de l’ex-putschiste ivoirien Ibrahim Coulibaly dit «IB» traverse une «crise de gouvernance qui a lourdement handicapé son fonctionnement» après la mise en cause de son fondateur dans un présumé coup d’Etat en Côte d’Ivoire, a affirmé mardi son président, Claude Sahi.
Par ailleurs, le retrait des Forces de défense et de sécurité (FDS, loyalistes) de Côte d’Ivoire des lignes de fronts et leur retour dans les casernes, en vue du désarmement entamé le 22 décembre, s’achèvera jeudi, a affirmé lundi le chef d’état-major des FDS, le général Philippe Mangou.
Pour sa part, le président ivoirien Laurent Gbagbo a qualifié lundi à Abidjan de «bonne» la décision de Paris de réduire de 600 hommes, dans les deux prochains mois, les effectifs de l’opération française Licorne en Côte d’Ivoire.
 
Le Signal du Continent
Avec l’APA

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