Certains journaux kinois qualifiés de « médias de la haine »

Publié le par Cornelis Nlandu-Tsasa

On manque la cible
 
Le ministre Bongeli qualifie certains journaux de « médias de la haine ethnique et tribale »
 
Kinshasa - Le ministre de la Communication et des médias, Emile Bongeli, a lancé, mercredi au cours d’une séance de travail, une sévère mise en garde contre les responsables des médias dont les organes de presse suscitent auprès des compatriotes des sentiments de haine ethnique et tribale.
Mais si l’on y regarde de près, le ministre devait plutôt lancer une « sévère mise en garde » contre tout le système politique de Kinshasa qui, réellement, appelle les Congolais à la « haine tribale et ethnique », lorsque l’on sait que depuis Kabila père, certains postes ne sont réservés exclusivement qu’aux ressortissants de certaines tribus ou certaines provinces bien ciblées.
journaux.jpgAinsi, à chaque remaniement du Gouvernement - et cela, tout le monde le sait - plusieurs voix dénoncent la sureprésentation de certaines provinces par rapport à d'autres, sans la moindre justification. De même, le président de l’Assemblée provinciale du Bas-Congo, François Kimasi Matuiku, également président de la Conférence des présidents des assemblées provinciales, avait dénoncé, en janvier à Bruxelles, que sa province, qui intervient pourtant à concurrence de 50 à 52 % dans la richesse nationale, ne puisse curieusement compter qu’un seul ministre dans le gouvernement central, contre 5 pour le Maniema qui, lui, ne participe que pour 0,3 %, dont 2 ministres d’Etat. Cherchez de quel côté se trouve les partisans de la « haine ethnique et tribale » et ceux qui l’attisent en sourdine.
 
La version officielle
 
Pour le ministre de la Communication, qui s’en tient à la version officielle selon laquelle l’enfer ce sont les autres, certains faits quittent le cadre judiciaire pour se retrouver dans les médias, avec comme conséquence éventuelle « une propension à dresser des communautés congolaises les unes contre les autres. Il a, à ce sujet, condamné les propos mensongers de certains acteurs politiques qui, dans une démarche « inappropriée et dangereuse », risquent de conduire à la subversion.
M. Bongeli a menacé de recourir à des mesures coercitives contre les médias qui ne respecteraient pas les lois et règlements ainsi que les règles de l’art, d’éthique et de déontologie journalistiques. Le ministre de la Communication et des médias a plaidé pour l’émergence d’une presse citoyenne, libre et transparente en vue de favoriser le renouveau dans les médias congolais.

Le Signal du Continent

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