Le président Kimasi se prononce pour une conférence de paix au Bas-Congo sans délai

Publié le par Cornelis Nlandu-Tsasa

 
Le président François Kimasi pour la tenue urgente d’une conférence de paix au Bas-Congo
 
Matadi - Le président de l’Assemblée provinciale du Bas-Congo, M. François Kimasi Matuiku Basaula, a demandé la tenue « sans délai » d’une conférence de la paix au Bas-Congo afin de permettre aux fils et filles Ne Kongo de rechercher par le dialogue les voies et moyens de ramener la paix dans la province.            (Président Kimasi, Photo Le Signal)
undefinedM. François Kimasi, également Président général de l’Abako (Alliance des Bâtisseurs du Kongo), s’adressait à la population du Bas-Congo à travers les députés et ministres provinciaux ainsi que les leaders d’opinion et autres notables de la province, réunis le week-end dans la salle des banquets de l’hôtel Ledya de Matadi, en présence du vice-gouverneur Déo Nkusu et du représentant du gouverneur de province, empêché, dans le cadre de la rentrée parlementaire de l’Assemblée provinciale du Bas-Congo.
Il a déploré les événements « malheureux » survenus dans la province à la suite d’affrontements entre les adeptes de Bundu dia Kongo (BDK, mouvement politico-religieux) et les forces de l’ordre, lesquels ont occasionné la mort de plusieurs personnes, victimes, selon lui, de «l’intolérance des extrémistes BDK».
Il a, dans ce contexte, exigé l’arrêt immédiat de l’opération de répression contre les adeptes de BDK en cours au Bas-Congo et le retrait de la province des forces de l’ordre venues de Kinshasa, avant de préconiser l’organisation d’une tournée de pacification à travers la province dans le but de réconforter la population traumatisée par ces événements tragiques.
Le président de l’Assemblée provinciale a, en outre, demandé à la communauté internationale d’assister effectivement la RDC, un pays post-conflit, et en particulier le Bas-Congo, dans la résolution de cette crise, déplorant toutefois qu’en pareilles circonstances « la MONUC arrive toujours en retard ».
 
Le gouvernement central sabote la Constitution de la RDC
 
argent.jpgLe président Kimasi, qui avait auparavant entretenu l’assistance sur le budget de la province, la sécurité et les tracasseries ainsi que le phénomène BDK, a déploré le fait que le gouvernement central ait remis en cause le principe constitutionnel de la retenue à la source des 40% des recettes à caractère national pour se référer, dans la répartition des richesses du pays, à des critères non constitutionnels tels que la rétrocession, la densité démographique ou la superficie de l’entité considérée.
« On a tout simplement oublié que la Constitution de la République prévoit deux autorités budgétaires, à savoir le Parlement national et les Assemblées provinciales », a-t-il déclaré, laissant entendre que ces dernières n’ont pas été associées à l’élaboration des budgets provinciaux 2008.
Il a en outre exigé au gouvernement provincial de mettre fin aux tracasseries policières et administratives érigées en système de gestion des entités décentralisées par les représentants du pouvoir disséminés à travers la province, créant ainsi un climat d’insécurité au sein de la population.
 
Sur les massacres survenus à Luozi
 
A propos des événements sanglants de Luozi et Seke-Banza, le président Kimasi a fermement condamné aussi bien les exactions et excès commis par les extrémistes BDK que les dérapages dont se rendent coupables les agents de l’ordre en mission de pacification. Contre les uns et les autres, la loi doit être la même, a-t-il martelé, rappelant toutefois que le mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo existe depuis plus de quinze ans et qu’à travers sa feuille de liaison, Ne Muanda Nsemi « exprime souvent tout haut ce que tout Mukongo pense tout bas ».
brutalite.jpgC’est ainsi, a-t-il conclu, que la plupart des rapports d’enquêtes diligentées depuis deux ans à la suite d’affrontements sanglants entre BDK et les forces de l’ordre, ont recommandé à Kinshasa de répondre aux attentes du peuple Ne Kongo pour briser le cycle de violence en vue d’une paix sociale durable.
Une particularité à signaler à l’occasion de la cérémonie d’ouverture de cette session ordinaire de l’Assemblée provinciale : l’hymne national a été chanté en kikongo par la Sr Marie-Goretti de la Congrégation de Sainte-Marie de Kisantu. Une façon de vulgariser ce patrimoine culturel national et de lutter contre la déperdition de la langue kikongo dans la province.
 
Le Signal du Continent

 

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