L’Assemblée nationale recommande une conference pour la paix au Bas-Congo

Publié le par Cornelis Nlandu-Tsasa

L’Assemblée nationale se prononce pour la tenue d’une conference pour la paix au Bas-Congo

 

Kinshasa - L’Assemblée nationale a édicté samedi, à l’issue de trois jours de débat houleux sur l’affaire Bundu dia Kongo (BDK), une série de recommandations au gouvernement central en vue de pacifier la province du Bas-Congo, en proie à l’insécurité depuis plusieurs mois. Il s’agit d’organiser au Bas-Congo la tenue d’une conférence sur la paix, la réconciliation et le développement sous l’égide des autorités du pays, notamment du Sénat et de l’Assemblée nationale, en lieu et place d’une table ronde exigée par les ressortissants de la province. Mais c’est du pareil au même.

D’autres conférences sur le développement devront également se tenir dans chaque province où il faudra aussi expliquer aux populations toutes les lois relatives à la décentralisation du pays, les 40 % des recettes revenant aux provinces et le programme du gouvernement.

brutalite.jpgLa Chambre basse du Parlement a, en outre, recommandé la prise en compte des cadres de la province dans la main d’œuvre locale. Il a également été recommandé à l’Exécutif de définir les mesures de sécurité prises pour la participation de la province du Bas-Congo, de matérialiser des propositions des enquêtes parlementaires, de restructurer la Police nationale et l’Agence nationale de renseignements (ANR) sur l’ensemble du pays, de créer un service médico-social pour prendre en charge les blessés.

Le gouvernement est également invité à indemniser les victimes, de publier des conclusions des enquêtes devant établir les responsabilités en vue de la sanction des coupables. Le chef spirituel de BDK est sommé de définir le statut de son mouvement, d’organiser avec les autorités une campagne de sensibilisation pour le retour dans leurs villages des adeptes qui se cachent en forêt et de supprimer tous les camps des « Makesa ». L’Assemblée nationale a également recommandé l’organisation d’une caravane de la paix, tout en appelant tous ceux qui ont une parcelle d’autorité dans la province d’influencer le retour de la paix.

 

Pas de levée d’immunité parlementaire de  Ne  Muanda Nsemi

 

Le président de l’Assemblée nationale, a expliqué à l’issue de ce débat qu’il n’y avait pas lieu de recommander la levée de l’immunité parlementaire du député Ne Muanda Nsemi, étant donné que la chambre basse n’a reçu aucune demande dans ce sens. Nous sommes une jeune démocratie, nous devons travailler au renforcement de l’unité et de la paix, a-t-il déclaré. Il en est de même, a-t-il poursuivi de BDK dont la plénière ne s’est pas prononcée pour la suppression. « La décision du gouvernement est justifiée. Mais nous ne nous sommes pas prononcés pour la suppression de ce mouvement », a noté le président Kamerhe, qui a affirmé que « nous avons évité de prendre des recommandations extrêmes », se démarquant de l’excès de zèle affiché par le gouvernement dans ce dossier, sans pourtant le dire clairement.

 

Ne Muanda Nsemi : « j’adhère aux recommandations, mais il faut qu’elles soient appliquées »

 

undefinedLe chef spirituel de BDK a été aussitôt reçu par le président de l’Assemblée nationale à qui il a présenté des profonds respects, louant la sagesse de Vital Kamerhe. « J’adhère aux recommandations qui viennent d’être prises. Mais je souhaite qu’elles seront appliquées », a déclaré à chaud à la presse le député Ne Muanda Nsemi, accompagné de son collègue Jean-Claude Mvuemba. Il a fait remarquer que d’autres recommendations ont été formulées en 2007, mais qu’elles sont restées lettre morte.

 

Réponses du ministre Kalume aux préoccupations des députés

 

Auparavant, le ministre d’Etat à l’Intérieur, à la Décentralisation et Sécurité, Denis Kalume Numbi, avait fourni les réponses aux 100 préoccupations des députés nationaux à la suite de la question orale avec débat du député Gilbert Kiakwama Kia Kiziki sur le déroulement des événements sanglants et tragiques du Bas-Congo orchestrés par les adeptes du mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo fin février 2008 ainsi que par une intervention largement disproportionnée des policiers et militaires dépêchés par Kinshasa.

Pour Denis Kalume, « le complot se tramait contre la démocratie, l’intégrité du pays, la solidarité nationale, la puissance publique et les libertés individuelles », estimant qu’avec le chef spirituel de Bundu dia Kongo comme gouverneur du Bas-Congo, « on aurait assisté au démantèlement de toutes les églises locales ».

Après avoir rendu hommage à l’Assemblée nationale pour « sa prise de position contre les méfaits de Bundu dia Kongo, et les populations du Bas-Congo qui ont organisé des marches à Seke-Banza, Luozi, Tshela et ailleurs », le ministre Kalume a fait le point sur la proportionnalité des mesures prises par le gouvernement pour rétablir l’autorité de l’Etat au Bas-Congo.

Il a souligné que cette évaluation n’est pas quantifiable. « Le gouvernement, a-t-il dit, a agi au rétablissement de l’ordre, à ramener le BDK en dessous de zéro et à sauvegarder l’idéal républicain que les Congolais vivent partout ». Laisser-faire, a poursuivi M. Kalume, serait une aggravation du phénomène de délinquance par l’accoutumance, aggravation de rupture des églises conventionnelles et le BDK, ce qui allait amener une guerre de religion, l’aggravation du fossé entre le BDK et les non originaires.

La réaction du gouvernement a permis d’éviter l’asphyxie de Kinshasa et de la RDC, a déclaré le ministre d’Etat pour qui les enquêtes internationales ne produisent pas toujours des résultats objectifs. Il s’est prononcé pour des enquêtes judiciaires. Le ministre d’Etat a suggéré une réunion interinstitutionnelle pour éradiquer les différents phénomènes mystico-religieux sur l’ensemble du pays. En conclusion, M. Denis Kalume a relevé qu’en s’appuyant sur les images et les écrits, il a démontré que la philosophie véhiculée par le BDK a endeuillé le Bas-Congo.

 

Les orateurs

 

Quarante-cinq (45) députés avaient pris la parole les mercredi et jeudi 27 mars au nom des 12 groupes parlementaires et des non inscrits. Le débat a constitué un bel examen de la démocratie. Il s’est dégagé une convergence de vues sur la nécessité de rétablir l’autorité de l’Etat, en vue d’assurer la sécurité des personnes et des biens, les droits et les libertés des citoyens. « La force doit demeurer dans la loi », a-t-il martelé.

 

La situation au Bas-Congo, un échec pour tous, selon Kiakwama Kia Kiziki

 

Concluant le débat, l’interpellateur, Kiakwama Kia Kiziki, a attribué la crise au Bas-Congo à tous, autorités provinciales, autorités nationales, opposition provinciale, opposition nationale et la communauté internationale qui n’ont pas su jouer, chacune, le rôle lui dévolue. Il a reproché aux autorités provinciales leur inertie, car, elles n’ont ni condamné, ni reproché à qui que ce soit ce qui s’est passé.

Aux autorités nationales, une sorte d’insouciance, tandis que l’opposition tant provinciale que nationale n’a pas pu utiliser ses atouts pour prévenir la situation. Enfin, la MONUC n’a fait preuve d’aucune importance. Gilbert Kiakwama a invité le ministre d’Etat à travailler pour l’intérêt du pays et à payer les soldes des policiers.


L'article sur la marche des Ne-Kongo à Bruxelles suivra, avec photos et images video.


Le Signal du Continent/ACP

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