Ne Muanda Nsemi décide de saisir la CPI et les Nations Unies

Publié le par Cornelis Nlandu-Tsasa

Poursuite des massacres au Bas-Congo : Ne Muanda Nsemi décide de saisir la CPI et les Nations Unies

Kinshasa – Le leader du mouvement Bundu dia Kongo (BDK) Ne Muanda Nsemi a déclaré au cours d’une conférence de presse qu’il va porter plainte à la Cour pénale internationale (CPI) et aux Nations Unies contre ce qu’il appelle « le massacre des populations du Bas-Congo de 2002 à 2008 ». Le chef du BDK accuse le gouvernement congolais de ne rien faire pour punir les coupables de ce massacre.                    

«L’Assemblée nationale a décidé et le gouvernement de la République s’est entêté et a fait en sorte que les décisions de l’Assemblée nationale ne soient pas appliquées. Malgré les résolutions de l’Assemblée nationale de samedi 29 mars, l’armée nationale continue ses massacres dans les secteurs de Kibanza, de Kenge et de Munguluwala à Luozi », a déclaré Ne Muanda Nsemi.

«Mettez-vous à la place du peuple Kongo. On parle déjà de 5 fosses communes et de centaines de cadavres découverts au Bas-Congo, jetés dans le fleuve. Tout ceci ne suffit-il pas pour parler de massacres, de génocide, de crime contre l’humanité ? », a-t-il dit.
Concernant la table ronde attendue au Bas-Congo, le chef du BDK souhaite voir ces assises aborder sans tabous toutes les questions qui se posent dans cette province.

En réaction à la déclaration du leader du Bundu dia Kongo, l’Alliance de la majorité présidentielle (AMP) considère que la démarche envisagée par Ne Muanda Nsemi est dénuée de tout fondement. En effet, à l’AMP, on soutient qu’il n’est pas question de condamner le gouvernement. Le secrétaire exécutif adjoint de cette plate-forme politique, Koyagialo Gerengbo, précise que la Cour pénale internationale « n’agit que lorsque les instances judiciaires nationales ne font rien».         

Or, dans le cas d’espèce du Bas-Congo, soutient-il, les instances judiciaires congolaises sont saisies, les magistrats au niveau du Bas Congo sont en action. Le gouvernement n’est pas le pouvoir judiciaire. « Il y a certes des recommandations qui sont formulées à l’endroit du gouvernement, mais pas dans le sens des poursuites judiciaires. La question relève plutôt de la responsabilité du pouvoir judiciaire qui doit mener les enquêtes afin de poursuivre les coupables dans l’affaire Bundu dia Kongo », conclut M. Koyagialo, le même qui était épinglé dans le « Massacre des étudiants de l’Université de Lubumlbashi en mai 1990..

La Société civile confirme la poursuite des massacres par le pouvoir

Pour sa part, le secrétaire exécutif du Reprodhoc, Pamphile Mbuangi, confirme la poursuite des massacres de population dans le Bas-Congo : « J’ai l’impression que le gouvernement est en train de prendre les choses à la légère. Il faut qu’il prenne des mesures fortes pour sauvegarder des vies humaines parce que la situation n’est pas sous contrôle. La chasse à l’homme continue. Les policiers diligentés par le gouvernement continuent de pourchasser ceux qui sont supposés être les adeptes de BDK.               

Là aussi, il faut comprendre les choses. Aujourd’hui quand on dit adeptes de BDK, il ne s’agit pas nécessairement des fidèles de Ne Muanda Nsemi. Tous les aigris politiques et socio-économiques ont gonflé ces rangs-là ». M. Mbuangi croit que tout règlement pacifique de conflit passe par le dialogue.                   

C’est pourquoi, il préconise une campagne de sensibilisation de la population par la société civile ainsi qu’un dialogue entre le gouvernement congolais et le BDK pour résoudre cette situation de crise.

 Le Signal du Continent/APA

 

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