Report au 10 juillet à Matadi du procès de 20 adeptes de BDK

Publié le par Cornelis Nlandu-Tsasa

Report au 10 juillet prochain du procès de 20 adeptes de BDK du Bas-Fleuve

 

Matadi Le tribunal de grande instance (TGI) de Matadi, siégeant jeudi dernier au premier degré en matière répressive dans la salle d’audience de la Cour d’appel du Bas-Congo, sous la présidence du juge Bopengo, a reporté au 10 juillet 2008, à la requête de la partie défenderesse, le procès opposant le ministère public représenté par l’Officier du ministère public (OMP) Kalonda à vingt adeptes de Bundu dia Kongo (BDK) provenant du district du Bas-Fleuve. Avant de décider ce report, le TGI de Matadi avait procédé à l’identification des détenus, dont un était décédé en détention et trois autres hospitalisés à l’hôpital général de référence de Kinkanda à Matadi.

Dans l’énumération des charges retenues contre chaque détenu pris individuellement, le ministère public a fait état d’association de malfaiteurs (BDK) pour attenter aux personnes et à leurs biens, d’érection des barricades pour entraver l’exercice de la force publique, de rébellion et d’atteinte à l’autorité de l’Etat ainsi que de mouvement insurrectionnel et de détention d’armes de guerre. S’agissant de la délocalisation de la salle de la salle d’audience du TGI de Matadi à la Cour d’appel du Bas-Congo, le président du TGI a déclaré que cette décision avait été prise pour des raisons de sécurité et qu’elle n’allait pas influer, dans le sens de mettre en péril l’indépendance des juges, sur le prononcé du jugement par le tribunal.

 

Des détenus fatigués, mal nourris et malades et qui appellent à la compassion

 

Plusieurs observateurs présents à l’audience du TGI/Matadi, parmi lesquels des activistes des droits de l’homme, ont élevé la voix pour solliciter du Président Kabila, une mesure de grâce générale en faveur des détenus BDK. En effet, la présence de ces 16 détenus a ému plus d’une personne dans la salle d’audience en raison de l’extrême fragilité psychique et physique dont ils faisaient montre, la plupart d’entre eux accusant des signes de fatigue, de malnutrition voire de maladie. Leur bas niveau d’instruction manifeste semble en outre prouver que ces inculpés, pour les observateurs sur place, étaient des « illuminés » habilement manipulés, agissant sous l’impulsion de croyances élémentaires. L’assistance a eu la nette impression de se trouver devant des détenus qui réalisaient enfin la gravité de leurs actes. « Ils sont si jeunes et même trop naïfs pour être envoyés en prison à cause de cette « idylle » religieuse passagère qui a obscurci leur entendement », a déclaré un psychologue de Matadi qui a requis l’anonymat. Plutôt que de poursuivre ce procès, l’Etat congolais rendrait de précieux services à ces jeunes pères de famille en les regroupant pour une session de réarmement moral en vue de les ramener à la vie normale de responsabilité, a-t-il poursuivi.

Mais on est en droit de se demander ce que le ministère public attend pour déférer l'autre partie, policiers et leurs commanditaires, devant les juridictions, après toutes ces révélations de massacres de la population civiles, vols, viols et destructions méchantes perpétrés à vaste échelle par ceux-là même qui sont censés assurer la protection des personnes et biens. Au cas contraire, comment ne pas croire que la justice congolaise n'est pas juste, mais inféodée à souhait.

 

Le Signal/ACP

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