Hommage : Wendo Kolosoy a finalement tiré sa révérence

Publié le par Cornelis Nlandu-Tsasa

Hommage

Wendo Kolosoy a finalement tiré sa révérence

 

Donné à plusieurs reprises pour mort, l’artiste-musicien Wendo Kalosoy a finalement tiré sa révérence à l’âge de 83 ans, le lundi 28 juillet 2008 à Kinshasa. Le père de la «Rumba» congolaise qui souffrait depuis déjà bien longtemps, est mort lundi à 17 heures à la Clinique Ngaliema, où il avait été acheminé d’urgence le même jour aux soins intensifs, après une crise liée à un disfonctionnement organique.

Papa Wendo, de son vrai nom Antoine Kalosoy, et entré dans la musique à l’aube des années 50, dans la foulée de la vague du folklore angolais menée par D’Oliveira et autres, ainsi que des mouvements Jecokat (Jeunes comédiens du Katanga) et Jecoke (Jeunes comédiens de la commune de Kenya), fortement influencés par la musique kenyane.

Un premier documentaire, intitulé « Tango ya ba Wendo » lui est consacré au début des années ’90 par le Belge Mirko Popovitch, réalisé à travers une interview menée de main de maître par Mama Kanzaku, présentatrice d’une émission du même nom à la télévision nationale congolaise, et commentée par Césarine Bolya Sinatu, journaliste et présidente de l’asbl Mémoires vives.

Né à Mushie dans la province de Bandundu en 1925, Wendo Kolosoy débute dans l’art d’Orphée à Léopoldville dans l’orchestre Victoria. Ses nombreux fanatiques vont vite l’affubler du sobriquet de "Windsor", en référence, selon ses propres termes, à sa manière particulière de sautiller sur scène et qui leur rappelait l’allure majestueuse de la limousine de cette marque qui, en 1953, a promèné le jeune roi Baudouin dit « Bwana kitoko » à travers les rues de Léopoldville, lors de sa première visite au Congo. Très rapidement, « Windor » va se muer en «  Wendo Sor ».

 

« Marie Louise » ou la consécration

 

C’est aussi en 1953 que le célèbre morceau « Marie-Louise », considéré comme son œuvre la plus célèbre, est enregistré sur disque, provoquant son excommunication par l’Eglise catholique d’alors. Et pour cause ? Toujours selon son auteur, dans l’interview avec Mama Kanzaku, les prêtres lui reprochaient d’avoir pactisé avec le diable, parce que chaque fois que la chanson était diffusée, les esprits s’échappaient des cimetières. Il fallait simplement comprendre que l’exécution de l’œuvre provoquait l’hystérie générale auprès de la population.

 

La résurrection avec Laurent-Désiré Kabila

 

Abandonné à son triste sort par le régime précédent Wendo Kolosoy va être sorti de l’oubli par le président Laurent-Désiré Kabila dès son accession au pouvoir en 1997, fasciné par le personnage et surtout par la carrière de ce pionnier de la musique nationale. Il le gratifie d’une maison, alors qu’il était resté longtemps locataire, ainsi que d’une voiture 4X4. Le nouveau président lui accorde également toutes les facilités pouvant lui permettre de sillonner le pays mais aussi de se produire à l’extérieur.

Plusieurs albums vont matérialiser ce retour sur la scène nationale et européenne, grâce à certains producteurs qui ont continué à croire en lui. Mais les nouveaux moyens ainsi acquis ont aussi leurs travers.

Annoncé très malade depuis 2006, celui que les spécialistes qualifient de « père de la musique congolaise » continuera à exercer de façon sporadique. Mais, même si on le verra évoluer sur le même podium que des jeunes musiciens, dont la plupart de plusieurs générations ses cadets ou ceux de l’âge de ses arrières arrières petits-fils, tel Bébé Tshanda, l’âme des mélomanes n’y était plus.

Néanmoins, Papa Wendo Kolosoy restera l’un des plus grands virtuoses de la musique africaine, avec une voie particulière, inimitable, qui ne l’a pas déserté jusqu’à ses derniers moments de la vie.

 

Cornelis Nlandu et Le Signal du Continent

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Pajo 06/09/2008 20:55

Merci pour ces textes riche en information.
Le nom est-il Kalosoy ou Kolosoy? Matondo...