Les présidents des Assemblées provinciales à Bruxelles en colloque sur la Décentralisation

Publié le par Cornelis Nlandu-Tsasa

Les présidents des Assemblées provinciales à Bruxelles en colloque sur la Décentralisation

 

Bruxelles - Le président du Sénat, M. Léon Kengo wa Dondo, ainsi que les onze présidents des Assemblées provinciales de la République démocratique du Congo se sont retrouvés à Bruxelles du lundi 20 au jeudi 23 octobre où ils ont participé à un colloque sur la Décentralisation organisé par le Parlement de la Communauté française de Belgique en collaboration avec l'Université de Liège autour du thème "Consolider la démocratie en RDC".

Pendant leur séjour, les participants ont eu à se rendre compte de la manière dont leurs collègues régionaux belges fonctionnent, avec des députés de la majorité et ceux de l'opposition qui oeuvrent dans l'intérêt général, des propositions de l'opposition devenant parfois des projets du gouvernement après toute la procédure de délibération et ce, afin de permettre aux élus congolais de voir s'il y a à prendre et à s'inspirer.

Au cours de la séance de clôture, M. Léon Kengo wa Dondo, président du Sénat, s'est félicité des interventions et débats qui ont marqué les travaux et qui, à son avis, démontrent l'intérêt du projet de coopération entre les assemblées de la RDC et le Parlement de la Communauté française. Il a émis le vœu de voir le 2ème cycle de formation se tenir, afin de renforcer les capacités de ces assemblées et repousser les limites de l'ignorance, estimant que les Congolais sont à l'école de la modestie et qu'il est aussi bon d'apprendre auprès des autres.

Revenant sur la problématique de la rémunération dont la faiblesse, selon certains intervenants, concourt à la corruption, le président du Sénat a reconnu qu'il s'agit là d'un problème complexe dont la solution passe par la croissance et le contrôle des effectifs, face à des organigrammes qui ont implosé depuis longtemps. Avec la décentralisation, les administrations provinciales devront progressivement assurer la prise en charge des agents de l'administration centrale et rendre la base plus opérationnelle, a souligné M. Kengo qui a souhaité que ces assises puissent profiter non seulement aux présidents des assemblées mais à toute la population. Il a enfin signalé que le budget 2009 prendra en compte les souhaits exprimés par les assemblées provinciales, tout en faisant remarquer à leurs animateurs qu'un budget ne doit pas consister en un catalogue de problèmes mais plutôt un inventaire des recettes et de dépenses.  

 

Faire entendre la voix des Congolais de la base

 

M. François Kimasi Matuiku Basaula, président de l'Assemblée provinciale du Bas-Congo et doyen des présidents des assemblées provinciales, a pour sa part remercié la Communauté française de Belgique qui a ainsi permis aux participants de se mettre à l'apprentissage de la décentralisation, grâce à laquelle ils peuvent aujourd'hui entendre et faire entendre la voix des Congolais jusqu'aux coins les plus reculés du pays. Il a néanmoins fait remarquer que les présidents des assemblées provinciales sont venus apprendre et non copier ce que font leurs collègues belges, avant de relever qu'il persiste en RDC une incompréhension entre les acteurs, laquelle appelle à la mise en place d'un cadre de concertation afin de déterminer qui fait quoi, comment et quelle ressource mettre à la disposition de qui.

Plusieurs interventions ont marqué la séance de clôture, notamment celle du Prof. Bob Kabamba de l'Université de Liège sur "La coopération interparlementaire" entre la RDC et la Belgique dont les résultats appellent à la poursuite de l'opération. Quant au Prof. André Shikayi de l'Université de Kinshasa, qui s'est exprimé sur "La décentralisation et les moyens financiers", il a relevé certaines contradictions entre les vœux des provinces et les réalités du terrain, notamment sur l'insoutenabilité financière qui exige que l'Etat central continue à assumer beaucoup de mission au vu de la pression des charges, ainsi que sur la capacité de gouvernance locale, entre autre en matière de capacité d'absorption des ressources. Il faut que le passage à une décentralisation effective se fasse dans une dynamique favorable, car trop de pression fiscale va avoir une incidence sur les investissements et les prix à la consommation, a-t-il souligné.

Aux termes du bilan de cette coopération, dressé par le président de l'assemblée provinciale du Kasai Oriental, M. François Kabala Ilunga Mbidi, il ressort que l'objectif consiste à renforcer les capacités du personnel politique et des fonctionnaires afin de garantir la bonne gouvernance que nécessite la construction d'un Etat de droit en Afrique. Quatre étapes ont marqué la mise en oeuvre de cet accord, a-t-il précisé, à savoir le besoin en formation des fonctionnaires exprimé en avril 2007, suivi en juin de la même année par l'organisation pendant trois jours à Kinshasa d'un module en faveur de quatre fonctionnaires par province sur le "mandat et le rôle du parlementaire, la fonction publique parlementaire et le greffe".

Ensuite se sont tenues, du 15 janvier au 27 mai 2008 concomitamment à Kinshasa, Lubumbashi et Kisangani, des journées d'information et d'échanges sur la Décentralisation en raison de 10 députés par province, autour de la Constitution, le Plan d'aménagement d'une province, le budget, l'éducation et la politique sanitaire. Enfin, les présentes assises, qui constituent la dernière étape, a permis aux présidents des assemblées provinciales de participer aux travaux en commission et en plénière du Parlement de la Communauté française et de rencontrer ses fonctionnaires.

Le deuxième cycle de cette coopération débutera avec la formation de tous les députés et fonctionnaires des provinces, à commencer par ceux de la province du Bas-Congo, en janvier 2009.

 

 

 

 

 

 

 

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