La guerre de l'Est : M. Kimasi préconise une campagne diplomatique d'envergure

Publié le par Cornelis Nlandu-Tsasa


La guerre de l'Est


François Kimasi préconise une campagne diplomatique d'envergure aurpès des partenaires

Bruxelles - La République démocratique du Congo doit initier une campagne diplomatique de grande envergure pour expliquer à ses partenaires tant africains qu'occidentaux la problématique de la guerre que mène le rebelle Laurent Nkundabatware à l'est, alors qu'un mécanisme
accepté de tous, le Programme Amani, a été mis en place afin de régler définitivement les problèmes relatifs à la paix, la sécurité et le développement de cette partie du pays.

M. François Kimasi Matuiku Basaula, président de l'Assemblée provinciale du Bas-Congo, l'a déclaré au cours d'un entretien avec l'ACP, au sortir d'une consultation informelle au ministère belge des Affaires étrangères, à l'invitation du ministre Karel De Gucht, vendredi à Bruxelles où il poursuit son séjour après avoir participé, du 21 au 24 octobre dernier en compagnie de tous les présidents des assemblées provinciales du Congo conduits par le président du Sénat, M. Léon Kengo wa Dondo, à un colloque sur la Décentralisation organisé par le Parlement de la Communauté française de Belgique en collaboration avec l'Université de Liège.

M. Kimasi a tenu à préciser, à cette occasion, que bien qu'il ne soit plus aux affaires dans le domaine, en sa qualité de vétéran de la diplomatie, sa réaction devant la négociation que tente d'imposer la Belgique est que la RDC ne peut accepter de se mettre sous la coupe du général déchu Laurent Nkundabatware, qui est en réalité à la solde d'une main basse. Pour lui, le problème doit être considéré comme celui de tout le peuple congolais, de toute la nation congolaise qui a souverainement opté pour un partenariat responsable avec la Chine pour son développement. "Car c'est là le nœud du problème", a-t-il martelé avant d'affirmer qu'il ne peut en aucun cas être assimilé à une opposition à Joseph Kabila, qui est un Président élu démocratiquement et qui, de ce fait, jouit de la légitimité populaire.

La vérité, de l'avis du président de l'Assemblée provinciale du Bas-Congo, est que Nkundabatware ne se bat pas pour des visées propres, mais derrière lui sont tapis des grands consortiums occidentaux qui ont juré de faire échec au partenariat chinois. "Ils veulent par cette guerre mettre le président Joseph Kabila à genoux et lui imposer le partage des matières premières, indispensables aux entreprises du Nord. Et cela, c'est totalement inadmissible", a-t-il souligné.

C'est dans ce cadre que M. Kimasi a préconisé que les autorités de Kinshasa entreprennent sans tarder des contacts suivis avec ses partenaires, surtout ceux du continent, afin d'avoir l'Afrique aux côtés de la RDC, tout en déplorant que "nous ayons une diplomatie totalement défaillante et une politique communicationnelle presqu'inexistante" à cause, selon lui, de conseillers dépourvus de toute expertise en la matière.

A une question sur ce ton quelque peu conciliant, alors que certains observateurs le qualifient d'opposant à Joseph Kabila, le président de l'Assemblée provinciale du Bas-Congo a rétorqué : "Votre interrogation appelle deux considérations. D'abord il s'agit ici d'un enjeu national, qui appelle toutes les filles et tous les fils du pays à resserrer les rangs autour de leur président élu et détenant la légitimité populaire et ce, afin de sauver la nation en péril. De deux, c'est vrai que l'Abako, dont je suis le président général, a battu campagne aux côtés du MLC, mais ceux qui me taxent d'opposant ignorent que mon parti, qui n'a pas trouvé son compte au sein de l'Union pour la Nation, a depuis pris ses distances". "On confond le fait de ne pas être d'accord avec le PPRD et être contre le Président, dont l'Abako, un parti démocratique, appuie les actions depuis son élection à la magistrature suprême", a-t-il précisé.

Au sujet de la léthargie dans les relations entre la RDC et la Belgique, M. Kimasi a dit avoir répété à la partie belge le point de vue développé par l'opinion congolaise, à savoir qu'il incombe à Bruxelles, qui est à l'origine du différend, de faire le premier pas, avant de rappeler que le Congo est un pays indépendant devant jouir de toute sa souveraineté tant nationale qu'internationale, tandis que son chef d'Etat doit également, de son côté, avoir droit à toutes les considérations dues à ses fonctions.

 

 

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