La guerre de l'Est : La Belgique dans la propagande de Nkundabatware

Publié le par Cornelis Nlandu-Tsasa


EDITORIAL


La guerre de l'Est :

 

La Belgique dans la propagande de Nkundabatware

 

On ne le dira jamais assez : Kinshasa souffre d'un grave déficit communicationnel. On l'aura encore remanqué depuis le déclenchement de la enième guerre que mène Laurent Nkundabatware à l'est de la RDC. En effet, alors que la presse belge inonde la Diaspora de communiqués et interviews du rebelle tutsi, en revanche aucune nouvelle en provenance de la capitale congolaise, où l'on croit faussement que du moment où la guerre se déroule loin de Kinshasa, tout est en règle. Dans l'entre-temps et au même moment que l'ennemi grignote du terrain sur les lieux du crime, il affine sa propagande à l'extérieur, profitant de l'absence et de l'amateurisme de l'adversaire.

Aujourd'hui, l'unique son de cloche à l'Occident est la version des événements que distille savamment l'homme fort de Rutshuru, rompu de par sa culture dans l'art du mensonge, et que repercute à longueur de journées la presse belge tant écrite qu'audio-visuelle. Les autorités congolaises, habituées à investir en priorité dans les revues qualifiées à Kinshasa d'"albums-photos" que les personnes sérieuses ne lisent d'ailleurs jamais ont, elles, déserté depuis des lurettes la scène médiatique occidentale, et donc se retrouvent totalement absentes de cette guerre psychologique. Et lorsque l'on connaît le penchant de Bruxelles pour tout ce qui a trait au tutsi, depuis que les militaires belges sur place à Kigali avaient oublié de porter secours aux génocidés de 1994, on mesure tout le tort que l'irresponsabilité des gouvernants congolais cause aux Congolais de la Diaspora, devenus la risée de leurs amis camerounais, togolais et autres.

"Comment vous faites-vous fouetter par le petit Rwanda depuis une dizaine d'années, sans parvenir à riposter ?", entend-on entre autre dans les rues de Bruxelles. Quelle réplique les Congolais de Belgique, autrefois fiers et majestueux, peuvent-ils apporter face à de telles réactions d'amis africains, sinon tenter de répondre, recroquevillés dans leurs petits souliers, que "c'est la faute aux autorités, qui s'appliquent à piocher dans les caisses de l'Etat, ignorant qu'il faut au contraire utiliser les deniers publics de ce pays pourtant riche pour construire notamment une armée digne de ce nom, à même de défendre l'intégrité du territoire, et si nécessaire apporter la guerre d'où elle vient" ?

En effet, rares sont ceux qui savent que leur pays est extrêmement riche, non seulement potentiellement mais aussi de façon visible et palpable. Il n'y a qu'à voir fleurir les villas des nouveaux riches ainsi que la variété des voitures de luxe et autres 4X4 circulant sur les voies excavées de Kinshasa, fruits de ceux qui ont réussi à voler l'argent de l'Etat, narguant à la même pccasion une population à la limite de la clochardisation. Car il ne faut pas être un devin pour savoir que rien de cela ne s'achète avec le salaire.

En réalité, il manque cruellement à ce pays un leadership intelligent, pétri de probité pour gagner "la vraie guerre du siècle " (Notre Editorial du 7 novembre 2007). Dans ce contexte, on comprend aisément pourquoi, malgré nos diplomes les plus ronflants et les plus diversifiés, les partenaires persévèrent à agir à la place des Congolais, prioritairement portés sur le ndombolo et sacrifiant cruellement l'essentiel.

Ailleurs en Afrique pendant ce temps, les gens sont à l'ouvrage pour développer leurs pays. Les Congolais, eux, restent dans l'expectative, attendant un hypothétique messie qui viendra sauver leur pays. Ainsi, rares sont ceux qui ont les pieds sur terre et qui savent que Jésus-Christ a été cruxifié par nous au moment où nous ne disposions que du fouet, et qu'il est depuis monté au Ciel. A présent que nous avons inventé la matraque électrique et même la chaise électrique, qui peut affirmer avec certitude que le Sauveur viendra de nouveau ?

Mais alors, que pouvent attendre les Congolais de la brillante et historique élection de Barack Obama ? La réponse est claire : "Rien". A part des leçons à tirer - du moins pour la minorité d'entre eux qui en ont encore la capacité - la majorité ne s'informant d'ailleurs plus que par le biais de la radio-trottoir et à travers les cassettes du "Théâtre de chez nous". Comme quoi, l'effort doit être strictement personnel pour atteindre un objectif fixé, les autres ne peuvant qu'accompagner l'initiative. En clair, le salut de la RDC ne peut provenir que des Congolais eux-mêmes, sur tous les points. La preuve par quatre est qu'ils peuvent compter autant de millions de morts à l'est, personne dans la communauté internationale ne s'en émeut d'un iota, estimant qu'en RDC, "les morts ne sont pas morts".

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