La guerre en RDC : La Belgique se lance dans un négationnisme dangereux

Publié le par Cornelis Nlandu-Tsasa

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La guerre en RDC

La Belgique se lance dans un négationnisme dangereux

 

Un commentaire de Cornelis Nlandu


 

Les Evêques de l'Eglise catholique de la République démocratique du Congo viennent de publier, à Kinshasa, une déclaration de leur Comité permanent sur la guerre dans l'Est et le Nord-Est de la RDC. Pour eux, il s'agit ni plus ni moins que d'un "génocide silencieux" qui "se déroule sous les yeux de tous". Ils évoquent "les massacres gratuits et à grande échelle des populations civiles, l’extermination ciblée des jeunes, les viols systématiques perpétrés comme arme de guerre". Le plus regrettable, à leur avis, "c’est que ces événements malheureux ont lieu sous l’œil impassible de ceux qui ont reçu le mandat de maintenir la paix et de protéger la population civile. Nos propres gouvernants se montrent impuissants devant l’ampleur de la situation, donnant l’impression de ne pas être à la hauteur des défis de la paix, de la défense de la population congolaise et de l’intégrité du territoire national. La classe politique toute entière ne semble pas prendre la mesure de sa responsabilité devant ce drame qui risque d’hypothéquer l’avenir de la nation."

Mais au même moment, en Belgique, deux démographes de la maison Adrass estiment, de façon complètement erronnée, que la guerre en RDC, de 1998 à 2004, n'a fait que 183.000 morts, et non 4 millions de victimes, dans un rapport fraîchement publié à Bruxelles. Une affirmation simplement "délirante" à la mesure de l'ignorance dont font montre les deux auteurs, comme le prouve le cheminement du rapport qui, s'il s'agissait d'autres peuples, aurait amené l'humanité toute entière à crier au négationnisme. Mais pour les Congolais ...

En effet, il convient de relever d'emblée une méconnnaissance criante de l'histoire du Congo de la part de ces scientifiques, MM. André Lambert et Louis Lohlé-Tart, qui ignorent que la guerre en RDC, et le massacre des populations civiles qui s'en suit, n'a pas débuté en 1998, mais bien en 1996 lorsque Rwandais et Ougandais envahissent ce pays pour la première fois, amenant à la même occasion la culture tutsi de la machette et de la gachette auprès d'une population congolaise mondialement cataloguée "paisible". A moins que les auteurs du rapport aient sciemment tenté d'éluder la période allant de 1996 à 1997 - ce qui est scientifiquement coupable - afin de cacher tous les massacres intervenus alors, dont le "contre-génocide" sur les réfugiés hutus terrés dans les forêts sur le front nord, dont 200.000 d'entre eux sont restés à ce jour introuvables. On sait que la Belgique est foncièrement pro-tutsi, mais venant de personnes étiquetées "scientifiques", c'est simplement malhonnête et punissable.

Par ailleurs, lorsque le rapport insinue que la guerre n'a touché ni Kinshasa ni encore le Bas-Congo, on comprend dès lors qu'il a été redigé par des néophytes des questions congolaises. Ce qui a d'ailleurs amené un observateur à le qualifier de "lamentable", ajoutant que le sort de ce rapport est simplement d'être jeté dans une poubelle, comme pour un vulgaire chiffon. Comment en serait-il autrement lorsque l'on sait que les Tutsi rwandais ont débuté leur attaque de 1998 à Kitona, pour sillonner l'ensemble du Bas-Congo. Avec le général rwandais James Kabarebe à leur tête, ils y faisaient certainement du tourisme selon l'analyse des deux Belges auteurs du rapport. La horde tutsi rwandaise ne sera d'ailleurs arrêtée qu'aux poprtes de Kinshasa.
De même, une cité comme Kinzau-Mvuete, à près de 40 km de Matadi, avait été à cette occasion rasée aux trois quarts. Etait-ce du fait d'un simple cyclone ? Ainsi, tablant leur analyse sur des prémisses totalement erronnées, il n'est que logique que la conclusion soit faussée.

Il ne reste plus qu'au Collectif des victimes de la guerre du Congo de porter plainte contre ces deux Belges pour négationnisme flagrant, au cas contraire, les lecteurs qui tomberont sur ce rapport fantaisiste risqueront de croire qu'il s'agit là d'une vérité bliblique. Non, la guerre en RDC n'a pas débuté en 1998. Sinon alors, comment expliquer la mort de Mgr Munzihirwa, des dizaines de prêtres et soeurs et de tous ces intellectuels du Kivu pris pour cibles en 1996 ?


Un chiffre grossi pour attiser la haine ?

Pour les deux pseudo-scientifiques belges, le chiffre de 4 millions de morts aurait été progressivement grossi par des politiciens, ONG et internautes afin de "créer/justifier/attiser la haine des Congolais contre les Rwandais, en soulignat que c'est bien plus que le génocide rwandais", dont les auteurs du rapport se permettent même d'exagérer le chiffre en le portant à "un peu plus d'un millions de morts", alors que les archives généralement connues parlent de 800.000 morts. Est-ce de toute innocence ?

Non, qu'on se le dise : Congolais et Rwandais feront dorénavant difficilement bon menage après ce qui se déroule actuellemment en RDC. Personne en effet à Kisangani n'a oublié les milliers de morts de l'affrontement sur le sol congolais des armées rwandaise et ougandaise en l'an 2.000, personne au Kivu, au Bas-Congo, à l'Equateur, au Katanga ni partout ailleurs n'oubliera les viols de bébés, femmes et vieillardes, les exécutions sommaires et les exodes de populations, du simple fait de la cruauté légendaire des Rwandais, foncièrement belliqueux et non respectueux de la vie humaine (sauf des vaches), malgré que bon nombre d'entre eux aient vécu, étudié et travaillé grâce aux fonds leur alloués par le gouvernement congolais in tempore non suspecto. Et les élucubrations de scientifiques, soient-ils belges, ne pourront pas - en tout cas pas aujourd'hui - changer la donne. C'est plutot du côté de Kigali que Bruxelles devrait commencer à faire la leçon, pour espérer des résultats. Les Congolais, eux, de nature pacifistes, attendent plutôt réparation. Tôt ou tard, car "Kinshasa ne restera pas éternellmment faible", comme l'avait si bien souligné un ancien ambassadeur congolais à Bruxelles.

Le rapport de ces deux messieurs du Bureau Adrass - mené, on l'a dit, sur des prémisses totalement erronnées - ne relève finalement que du délire, certainement destiné à une propagande de mauvais aloi.

Note : L'expression "contre-génocide" est du journaliste rwandais Paul Sibomana, Prix Reporter sans frontières éliminé par Kigali pour ses idées non conformes à l'idéal du pouvoir monoethnique en place.

 

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Jem 19/04/2009 09:18

Ce que je trouve lamentable c'est justement de dire que les Congolais "grossissent" le nombre de morts pour renforcer "une certaine haine envers les Rwandais". A aucun moment de l'article ce n'est mentionne. Que le nombre soit en millier ou en millions, il s'agit de vies humaines, alors meme s'il y avait une dizaine ou une centaine, c'est pareille, rien ne justifie cet acte. Je suis degoutee, en tant qu'humaine et Congolaise, de lire ce genre de chose. Je ne peux affirmer le nombre de vies perdues mais ce qui est sur, c'est qu'il y a plusieurs vies qui ont ete detruites par cette guerre et je ne fais pas seulement allusion aux morts. Un autre point qui me gene c'est de se referer a un philosophe. Dans ce cas, il serait justement intelligent de differencier opinion et intelligence. Dans ce cas il s'agit d'opinion qui n'est forcement pas intelligente, sans bien entendu douter de l'intelligence du philosophe; mais faire un rapport de la guerre n'est pas l'expertise d'un philosophe, il faudrait le reconnaitre. Et de plus avancer qu'un seul Congolais ait assez d'intelligence de reconnaitre qu'il n'y a pas eu des millions de morts me parait completement deplace et inadequat du fait que l'auteur de l'article ait son opinion, mais cela ne veut pas dire que c'est l'opinion de tous les Congolais, de plus vous n'avez pas des preuves de ce que vous avancez et je comprendrais mieux votre reaction si vous n'etes pas Congolais. Parce que pour ceux qui ont vecu cette situation et etaient sur place, le pronostic est bien different de celui de ceux venus de l'exterieur, qui n'est pas non plus prouve par ailleurs. Donc au lieu d'affirmer qu'il y a eu ou qu'il n'y a pas eu 4 millions, fournissez des preuves adequates. Mais encore une fois, le nombre importe peu, dizaine, centaine, millier, millions... en matiere des victimes, le sentiment de mepris envers les acteurs de ces atrocites (la je ne fais pas allusion aux Rwandais en general mais aux milices, Rwandais ou pas, qui y ont participe)reste le meme.

Cornelis Nlandu-Tsasa 20/04/2009 18:08


Madame,

Je ne sais pas si nous parlons la même langue. Mais si vous lisez l'article en fançais comme moi, vous remarquerez que vous dites le contraire de ce qui est dit dans l'article, qui s'intitule
justement "La Belgique se lance dans un négationnisme". ce qui veut dire que l'article s'insurge contre le fait que des "experts belges" croient vouloir prouver qu'il n'y a pas eu autant de morts
en RDC, almors que pour l'auteur de l'article sur "lesignalducontinent", il y a eu des milliers voire des millions de morts.
Relisez l'article, madame, et vous verrez que lesignalducontinent a le même point de vue que vous, et va même plus loin.


Ignace Matensi 10/01/2009 11:44

Cher Mr Cornelis Landu,
j'apprécie votre réaction à ces balivernes des belges qui, au lieu de consommer calmément le butin de guerre leur fourni par leurs pions du Rwanda et consort, se mettent encore de se moquer de nous congolais, en falsifiant la tou--
te fraiche histoire de notre pays. En effet, si la guerre n'a touché quelques provinces de l'Est, à qui attribuera-t-on le massacre de Kenge en mai 1997? Plus de quatre cent cadavres
ont jonché le sol de Kenge du dimanche 3 au mardi 6 mai 1997! Ceux de l'AFDL,après avoir araché Kenge des assaillants, l'armée de Mobutu appuyée par les troupes de Savimbi, ont abattu un nombre élevé de ces soldats congolais et angolais. Les villageios des villages situés sur la route entre Kenge et le pont Kwango, nul n'en connait le nombre des victimes abattus lachement par l'armée de Mobutu. A cette occasion, les ponts de la Lufimi et de Mai-ndombe furent sabotés par la meme armée, et les restes de ces ponts non encore reconstruits sont encore aujourd'hui des témoins éloquents de cette guerre! Si les belges veulent se disculper et trouver des excuses pour leurs bourreaux rwandais, oú placent-ils ces faits? Qui se sent morveux, qu'il se mouche, c'est permis, n'est-ce pas?
toire encore toute fraiche

Elias 06/01/2009 23:52

C'est connu que les COngolais exagerent trop les choses. Leur volonte d'eexterminer les Tutsi les a aveugles tellement, ils ne peuvent plus rien comprendre.

Quand A toi Cornelis Nlandu, tu ne fais pas la difference. Ca te pique ou cette etude?
Tant quque vous vous accrochez aux mensonges grossiers, bo zo rondpoint.

"Common sense", il n'y a pas eu 5millions des morts tues par les rwandais au Congo.
En fait un seul congolais a assez d'intelligence pour le reconnaitre, c'est le philosophe KA MANA.

07/01/2009 13:37



Monsieur Elias Sans Nom,

Je n'entre pas ds une polémique de bas étage. Moi, j'ai argumenté, toi tu fais des déclarations sans arguments, qui démontre le niveau que tu as.
Une autre étude vient d'être publiée, qui confirme le nombre de plus de 4 millions encore. Je suis en train d'y travailler pour la publier tentôt.
Avant l'aventure des Rwandais au Congo, rompus dans la bestialité (assassinats à la machette, etc), les Congolais ne connaissaient pas le terme "massacre". Il n'y a que toi qui es resté
aveugle.
Cornelis