Le budget de l’Etat pour 2009 a été promulgué

Publié le par Cornelis Nlandu-Tsasa


Promulgation par le Chef de l’Etat de la loi portant budget de l’Etat pour l’exercice 2009


Kinshasa - Le Président Joseph Kabila Kabange, a promulgué mercredi, à Kinshasa, la loi relative au budget de l’Etat pour l’exercice 2009 qui est arrêté en équilibre en recettes et en dépenses à 2.922.393.815.447 FC (deux mille neuf cent vingt-deux milliards trois cent quatre-vingt-treize millions huit cent quinze mille quatre cent quarante-sept francs congolais).



Le budget de l’Etat de l’exercice 2009, à l’instar de celui de 2008, poursuit la mise en œuvre du DSCRP (Document de stratégie de la croissance et de réduction de la pauvreté), dont les principaux piliers sont exécutés à travers les programmes et projets sectoriels.

Les actions prioritaires retenus dans le programme d’action du gouvernement soutiennent les cinq chantiers du DSCRP, à savoir, la promotion de la bonne gouvernance et la consolidation de la paix, le renforcement de la stabilité macroéconomique et de la croissance, l’amélioration de l’accès aux services sociaux et la réduction de la vulnérabilité, la lutte contre le VIH/SIDA et la promotion de la dynamique communautaire.

Selon les éléments contenus dans l’exposé des motifs, le gouvernement central a axé son action sur la satisfaction des besoins de base, la reconstruction du pays et la recherche de la paix par le renforcement des mesures, instruments et stratégies à même de sauvegarder celle-ci.

Ci-dessous le texte intégral de la loi portant budget de l’Etat pour l’exercice 2009 :


Loi n°08/017 du 31 décembre 2008 portant Budget de l’Etat pour l’exercice 2009


L’Assemblée Nationale et le Sénat ont adopté 

Le Président de la République promulgue la Loi dont la teneur suit :

TITRE I : DU BUDGET GENERAL


Article 1er
: Le budget de l’Etat pour l’exercice 2009 est arrêté en équilibre en recettes et en dépenses à 2.922.393.815.447 FC (Deux Mille neuf cent vingt-deux milliards trois cent quatre-vingt-treize millions huit cent quinze mille quatre cent quarante-sept Francs congolais). Il est réparti conformément au tableau figurant à l’annexe I.

Article 2
: Les recettes courantes du budget 2009 sont fixées à 1.597.889.336.224 FC (Mille cinq cent quatre-vingt-dix-sept milliards huit cent quatre-vingt-neuf millions trois cent trente-six mille deux cent vingt-quatre Francs Congolais). Les recettes extérieures s’élèvent à 1.031.418.229.423 FC (Mille trente et un milliards quatre cent dix-huit millions deux cent vingt-neuf mille quatre cent vingt-trois Francs Congolais).
Les recettes des Provinces sont chiffrées à 293.086.249.800 FC (Deux cent quatre-vingt-treize milliards quatre-vingt-six millions deux cent quarante-neuf mille huit cents Francs Congolais). Elles sont réparties conformément au tableau figurant à l’annexe II.


Article 3
 : Les dépenses de la Dette Publique sont arrêtées à 215.565.269.777 FC (Deux cent quinze milliards cinq cent soixante-cinq millions deux cent soixante-neuf mille sept cent soixante-dix-sept Francs Congolais) et sont réparties comme suit :
- Dette intérieure : 13.841.269.777 FC (Treize milliards huit cent quarante et un millions deux cent soixante-neuf mille sept cent soixante-dix-sept Francs Congolais) ;
- Dette extérieure : 201.724.000.000 FC (Deux cent un milliards sept cent vingt-quatre millions de Francs Congolais). Leur répartition est indiquée au tableau figurant à l’annexe III.

Article 4
: Les crédits de 153.895.299.845 FC (Cent cinquante trois milliards huit cent quatre-vingt-quinze millions deux cent quatre-vingt-dix-neuf mille huit cent quarante-cinq Francs congolais) sont ouverts à titre des Frais Financiers. Leur répartition est indiquée au tableau figurant à l’annexe IV.

Article 5
: Les crédits budgétaires pour un montant de 589.787.972.081 FC (Cinq cent quatre-vingt-neuf milliards sept cent quatre-vingt-sept millions neuf cent soixante-douze mille neuf quatre-vingt-un Francs congolais) sont ouverts à titre des Dépenses de Personnel. Leur répartition est indiquée au tableau figurant à l’annexe V.

Article 6
: Les dépenses des Biens et Matériels sont arrêtées à 44.082.507.586 FC (Quarante-quatre milliards quatre-vingt-deux millions cinq cent sept mille cinq cent quatre-vingt-six Francs congolais). Leur répartition est indiquée au tableau figurant à l’annexe VI.

Article 7
: Les dépenses de Prestations sont arrêtées à 58.576.329.666 FC (Cinquante-huit milliards cinq cent soixante-seize millions trois cent vingt-neuf mille six cent soixante-six Francs congolais). Elles sont réparties conformément au tableau figurant à l’annexe VII.

Article 8
: Les crédits budgétaires de l’ordre de 896.736.442.318 FC (Huit cent quatre-vingt-seize milliards sept cent trente-six millions quatre cent quarante-deux mille trois cent dix-huit Francs congolais) sont ouverts à titre de Transferts et Interventions de l’Etat. Leur répartition est indiquée au tableau figurant à l’annexe VIII.

Article 9
: Les crédits budgétaires de l’ordre de 177.569.087.523 FC (Cent soixante dix-sept milliards cinq cent soixante-neuf millions quatre-vingt-sept mille cinq cent vingt-trois Francs congolais) sont ouverts à titre des dépenses d’Equipements. Leur répartition est indiquée au tableau figurant à l’annexe IX.

Article 10
: Les dépenses de Construction, Réfection, Réhabilitation, Addition d’Ouvrages et Edifices, Acquisition Immobilière sont arrêtées à 786.180.906.652 FC (Sept cent quatre-vingt-six milliards cent quatre-vingts millions neuf cent six mille six cent cinquante-deux Francs congolais). Leur répartition est indiquée au tableau figurant à l’annexe X.

TITRE II : DES DISPOSITIONS FINALES

Article 11 :
Le Ministre ayant le Budget dans ses attributions ou son Délégué liquide, par un visa préalable, toute dépense engagée et jugée régulière. Il accorde également un visa préalable à tout projet de décision, de convention, d’acte d’administration ou toute autre opération financière susceptible d’avoir une incidence sur les recettes ou les dépenses publiques. Pour un suivi efficient de l’exécution du Budget de l’Etat et une meilleure appréciation du plan d’engagement et du plan de trésorerie, le Ministre ayant le Budget dans ses attributions reçoit journellement à travers le Ministère des Finances, la situation des versements et des décaissements du Compte Général et des Sous-Comptes du Trésor Public.

Article 12: L’exécution du Budget 2009 doit être conforme aux lois et règlements en vigueur.
Article 13 : La présente Loi entre en vigueur à la date du 1er janvier 2009.

                  Fait à Kinshasa, le 31 décembre 2008


Le budget de l’Etat pour l’exercice « 2009 » prévoit l’uniformisation des salaires à la base et la réduction des écarts salariaux

Kinshasa – Le ministre du Budget, Michel Lokola a révélé dimanche au cours d’un point de presse dans la commune de Gombe à Kinshasa, que l’une des caractéristiques principales du budget « 2009 » de l’Etat concerne la politique salariale pour laquelle le gouvernement a prévu l’uniformisation des salaires à la base et la réduction des écarts salariaux.

M. Lukola a ajouté qu’à cela s’ajoutent l’affirmation de l’indépendance du budget de l’Etat par rapport aux ressources extérieures, la prise en compte des dépenses imprévues, l’accroissement des crédits au titre d’investissements publics à réaliser tant par le pouvoir central que par les provinces et le renforcement des dépenses dans le domaine de la sécurité.

Le ministre du Budget a rappelé qu’au sujet de cette dernière rubrique, 20 milliards de Francs congolais ont été prévisionnés et 19 milliards autres en réserve sous le signe de sinistres et calamités en vue de faire face à toute éventualité, avant de préciser que toutes les précautions sont prises pour la gestion orthodoxe de ces fonds.

M. Lokola a également annoncé que le budget, dont la loi a été promulguée le 31 décembre 2008 par le Chef de l’Etat, a prévu 2 millions de dollars pour le secteur de la presse et 18 milliards de Francs congolais pour les élections locales, dont l’organisation exige pourtant 10 millions de dollars. Il a souligné que le gouvernement compte sur la contribution des partenaires comme ce fut le cas pour les dernières élections. A une question, il a fait savoir que les secteurs de la Santé et de l’EPSP (Enseignement primaire, secondaire et professionnel) connaissent beaucoup de cas de remous sociaux à cause de l’ouverture en plein exercice budgétaire de plusieurs écoles et hôpitaux non budgétisés, espérant que les délégués syndicaux qui sont associés à l’élaboration du budget, éclairent la base.

Pour ce qui est des cinq (5) chantiers de la République, le budget « 2009 » consacre 36% aux dépenses d’investissement pour accompagner ce vaste programme de construction et de réhabilitation d’infrastructures. Par ailleurs, le ministre du Budget a rappelé le contexte difficile dans lequel le budget « 2009 » était élaboré, notamment avec le « pourrissement » de la situation dans le deuxième semestre de l’année 2008, dû principalement à la crise économique et financière internationale qui fait que l’année 2009 s’annonce sombre et les paramètres sont au rouge.

En tout état de cause, il a plaidé pour la culture budgétaire à tout Congolais qui doit savoir désormais qu’on ne peut dépenser que ce qu’on a récolté en recettes. Il a dit que les dispositions étaient prises pour que le budget « 2010 » soit déposé à temps. Le retard causé dans le dépôt du budget « 2009 » était conséquent à la démission du Premier ministre Antoine Gizenga et à la révision à plus de trois reprises du cadrage macroéconomique.

Le budget « 2009 », équilibré tant en recettes qu’en dépenses, est chiffré à près de 5 milliards de dollars. Le taux de croissance est de 5,8%, le déflateur du PIB de 9,1%, le taux d’inflation moyen de 15%, celui d’inflation fin période de 11,5%, le taux de change moyen de 585 FC le dollar, celui de change fin période de 611 Francs congolais le dollar et le PIB nominal de 7.760 milliards de Francs congolais.

Dans les prochains jours, le gouvernement va publier les mesures d’accompagnement pour l’exécution du budget « 2009 » qui a subi un accroissement de 64% par rapport au budget « 2008 » qui est de 3,2 milliards de dollars.

 

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Jean-Paul TSASA Vangu 14/04/2010 14:38


NOTE SUR L’ANALYSE ECONOMIQUE DE LA GUERRE : UNE ETUDE DU CAS DE LA R.D. CONGO.
By Jean-Paul TSASA VANGU

(SUITE… ET FIN.)→



Présentation des résultats et Conclusion
Les résultats obtenus sont révélateurs. Il a permis de préciser le débat concernant la relation entre guerres et contre-performances économiques en RDC, en ce sens qu’il montre qu’il faut chercher
les causes de contre-performances économiques ailleurs, notamment dans la gouvernance. Autrement dit, l’effort du gouvernement doit plus se focaliser sur le mode de gestion de la Res publica et non
sur la guerre qui n’est qu’une des conséquences de la mal gouvernance.

Tableau 2. Résultat de la régression par les DMC sur l’équation de croissance
Substituted Coefficients:
=====================
DTPIBH = 0.537 + 0.003*TCAP + 0.020*TCAH(-1) + 0.0002*DDPIBR - 0.065*DEDN + 0.282*WAR
(2.126) (0.972) (0.883) (22.931) (-2.790) (0.776)
(0.045) (0.341) (0.386) (0.000) (0.011) (0.446)

R2 = 0.97 D-W = 1.659 Prob(F-stat) = 0.0000

Tableau 3. Résultat de la régression par les DMC sur l’équation de du capital physique
Substituted Coefficients:
=====================
TCAP = -4.776 + 0.121*DTPIBH + 4.129*DTPIBH(-1) +0.007*INFLAT(-1) +0.0084*CRED + 15.61*WAR
(-0.604) (0.075) (2.379) (5.220) (0.007) (0.678)
(0.552) (0.941) (0.026) (0.000) (0.994) (0.505)

R2 = 0.72 D-W = 2.173312 Prob(F-stat) = 0.0258

Tableau 4. Résultat de la régression par les DMC sur l’équation du capital humain
Substituted Coefficients:
=====================
TCAH = 36.1167 + 0.278*DTPIBH - 1.693*CAH(-1) + 0.385*PRIM + 0.197*DEDN + 0.257*WAR
(2.763) (0.659) (-2.88) (-3.038) (0.831) (0.074)
(0.011) (0.517) (0.009) (0.006) (0.415) (0.942)

R2 = 0.46 D-W = 1.915 Prob(F-stat) = 0.014


L’analyse économétrique, fondée sur les différents tests, fait également ressortir les points importants suivants : les dépenses de défense nationale exercent une influence négative sur la
croissance ; en effet, l’augmentation d’un point de dépenses de défense entraîne une diminution de 0.065 point du taux de croissance du revenu par habitant. Cet effet négatif traduit la perte en
termes de bien-être que subit la population car les fonds qui auraient servis aux investissements sociaux sont affectés au financement de la guerre ; les guerres n’ont pas affecté la stabilité de
la croissance économique ; nous nous sommes servis de tests de cusum et de cusum carré pour le montrer.

Enfin, il est important de noter que la non prise en compte de la variable gouvernance, des distorsions du marché induites par l’action des pouvoirs publics et l’instabilité politique dans la
construction du modèle constitue la limite majeure de cette étude. Il est dès lors possible d’envisager un prolongement de cette recherche en direction de l’appréhension de ces facteurs afin de
formaliser un modèle plus complet pouvant rendre compte des multiples interactions entre les guerres, l’instabilité politique, les dépenses de défense nationale, la gouvernance et la croissance
économique en longue période.
Jean-Paul TSASA VANGU
Université Protestante au Congo
Septembre 2009


Jean-Paul TSASA Vangu 14/04/2010 14:33


NOTE SUR LA CRISE FINANCIERE INTERNATIONALE
BY Jean-Paul TSASA Vangu

Note apparue dans :
Cellule de Réflexions Economiques et Sociales
Occasional Paper n°2 (Kinshasa/Novembre 2008)

RESUME

Ce note porte sur la crise financière internationale qui a débuté vers juillet 2007 et qui s’est accentuée en septembre 2008. Il est vrai qu’à ce jour, nombre des réflexions portent sur les
éventuelles conséquences de cette crise sur l’économie réelle et sur l’évaluation du temps maximum de son influence et de ses effets sur la marche de l’économie mondiale ; et cela semble retenir
l’attention de plus d’un jusqu’à n’accorder que peu de place à l’analyse de ses origines.

Pour certains analystes économistes, la crise financière de 2007-2008 tire son origine de la politique monétaire expansionniste menée par Alan Greenspan après 2001, un deuxième groupe d’analystes
pensent qu’elle provient des innovations et de la complexité croissantes de certaines activités financières qui stimulaient à prendre toujours plus de risque et de l’absence de régulation dans le
marché immobilier et enfin, un autre groupe d’analystes attribuent cette crise à l’administration Bush qui a légitimé l’augmentation du déficit public budgétaire par la nécessité de mener la guerre
contre le terrorisme, ce qui a entraîné le déplacement des budgets des infrastructures sociales aux investissements pour la guerre, la hausse de la dette extérieure et la création monétaire.

Rappelons à ce sujet que les faits influencent les penseurs, et cela suscite à la fois l’apparition des doctrines et des théories pour les soutenir. Partant de ces observations, ce papier se
propose donc d’analyser d’abord la relation existant entre les attentats du 11 septembre 2001, les guerres en Afghanistan et en Irak et les politiques budgétaire et monétaire menées par les
autorités américaines à la suite de ces événements et aussi la relation entre ces politiques et la crise financière internationale actuelle. Ensuite de montrer la manière dont cette crise s’est
répandue dans le système financier américain puis mondial et enfin, de présenter ses premiers effets sur l’économie réelle.

Jean-Paul Tsasa Vangu
Université Protestante au Congo
Département de Sciences économiques
Filière : Economie Mathématique


Jean-Paul TSASA Vangu 14/04/2010 14:21


NOTE SUR L'ANALYSE ECONOMIQUE DE LA GUERRE : UNE ETUDE DU CAS DE LA R.D. CONGO.

Introduction

Partant de la constatation selon laquelle, les performances réalisées par l’économie congolaise sont meilleures en période de guerre qu’en période de paix pendant la période 1990-2008, ce papier
s’est proposé de tester pour la République Démocratique Congo les interactions existant entre guerres civiles et croissance économique. Afin de rendre le test économétrique aisé, nous avons retenu
la période allant de 1977 à 2008. Dans le cadre de cette étude, nous sommes posé la question de savoir : Quel effet les guerres civiles exercent-elles sur la croissance économique en RDC à travers
le capital physique et le capital humain ? Quel est l’impact de dépenses de défense sur le financement de l’économie congolaise ? Les guerres civiles ont-elles affecté la stabilité des coefficients
de variables explicatives de la croissance économique en RDC ?
- Les faits semblent être contradictoire mais les statistiques montrent que les cinq années qui ont précédées la guerre de rébellion (1996-1997) furent marquées par des taux de croissance négatifs,
soit –7.12 % en moyenne annuelle et par une hyperinflation très marquée, soit un taux moyen annuel de 3883.27 %. Parallèlement, pendant la période des guerres, les contre-performances observées au
niveau de l’évolution de la production réelle et du coût de la vie se sont estompées. De 1996 à 2001, le taux de croissance moyen s’est chiffré à –3.59 % et le taux d’inflation moyen annuel, à
329.45 %. -
Pour mener avec beaucoup de rigueur nos investigations, nous nous servi de l’économétrie comme outil d’analyse. Nous nous sommes basé, d’une part, sur les analyses et le modèle de rébellion
développés par Paul Collier et Anke Hoeffler et d’autre part, sur le modèle de croissance néoclassique « à la Solow » augmenté, où la guerre apparait comme une variable explicative.
Pour répondre efficacement aux questions reprises précédemment, nous étions contraint d’utiliser un modèle à équations simultanées, dans lequel les variables croissance économiques, capital
physique et capital humain sont endogènes. Le logiciel Eviews a été utilisé pour effectuer les différents tests économétriques.
Les données théoriques ont été essentiellement collectées auprès de la base des données de la Banque mondiale et dans les ouvrages s’intéressant sur le phénomène de la croissance économique. Les
ouvrages consacrés à l’analyse économétriques ont également été consultés pour s’assurer de la robustesse des résultats.
Par ailleurs, les données statistiques utilisées pour les estimations, sont provenues principalement de trois sources, à savoir, les rapports annuels et condensés d’informations statistiques de la
Banque centrale du Congo (BCC), les statistiques financières du Fonds monétaire international (FMI) et les rapports annuels de la Banque africaine de développement (BAD).

Impact de la guerre sur la croissance économique en R.D. Congo

L’étude a été effectuée en trois étapes. Dans un premier temps, nous avons examiné, d’un point de vue théorique, la relation existant entre guerre et croissance économique. Cette partie s’est
intéressé au phénomène croissance économique en se fondant essentiellement sur le modèle de Solow qui constitue la principale référence des travaux sur la croissance et aussi sur les analyses de
Robert Barro ; et puis sur le modèle de rébellion de Collier-Hoeffler, principale référence de l’analyse économique de guerre. S’inscrivant dans la logique du modèle de Solow et de son prolongement
(modèle de Solow augmenté de capital humain), nous avons intégré d’autres variables qui influenceraient le taux de croissance per capita, notamment la variable guerre, à travers la productivité
globale des facteurs. Ensuite, nous sommes intéressé au modèle de Collier et Hoeffler (modèle C-H). Ce modèle, composé du modèle de pillage et du modèle de quête de justice, est un modèle à réponse
qualitative. Il permet donc d’évaluer la probabilité de l’éclatement d’une guerre civile. Et enfin, nous nous sommes consacré à l’analyse théorique des interactions entre les guerres civiles et la
croissance économique.

Après avoir examiné, d’un point de vue théorique, la relation existant entre guerre et croissance économique, il était donc important d’analyser l’évolution de cadres politique et économique de la
R.D. Congo de 1977 à 2008. Tenant compte des fondamentaux de l’économie, cette analyse a distingué quatre périodes. La première période caractérisée par une stabilité relative de l’économie et par
la mise en œuvre de programmes d’ajustement structurel (PAS) de première génération va de 1977 à 1988. La seconde partie, caractérisée d’une part, par une instabilité sociopolitique et d’autre
part, par une forte récession et par des niveaux d’inflation très élevés, couvre la sous-période allant de 1989 à 1996. La troisième période, caractérisée par de multiples conflits intraétatiques,
va de 1997 à 2001 et enfin, la quatrième période, marquée par une stabilité relative du cadre macroéconomique, s’étale entre 2002 et 2008.

Afin de finaliser l’analyse entreprise à la première étape, il ne reste plus que le test économétrique. Il est donc question de construire un modèle économétrique qui permettra de saisir les
interactions entre la guerre et la croissance économique. Compte de la nature des questions de recherche, un modèle multiéquationnel s’inscrivant dans le cadre du modèle de Solow augmenté a été
retenu et la méthode de Doubles Moindres Carrés a été utilisée pour les estimations. Les données de l’économie congolaise ont été appliquées dans le modèle d’analyse afin de déterminer la nature de
la relation existant entre guerres et croissance économique en R.D. Congo et de dégager les éventuels effets. Le modèle d’analyse se résume comme suit :

Tableau 1. Présentation du modèle d’analyse
TPIBH_t=a_11+a_12 TCAP_t +a_13 TCAH_t +a_14 PIBR_t +a_15 DEDN_t +a_16 WAR_t +U_1t
TCAP_t=a_21 +a_22 TPIBH_(t )+a_23 INFLAT_t+a_24 CRED_t+a_25 WAR_t + 〖 U〗_2t
TCAH_t=a_31 +a_32 TPIBH_t +〖a_33 CAH〗_(t-1) +a_34 PRIM_t +a_35 DEDN_t +a_36 WAR_t+ U_3t
Où TPIBH : taux de croissance du PIB per capita, TCAP : taux de croissance du capital humain, TCAH : taux de croissance du capital humain, PIBR : niveau du PIB réel, DEDN : dépenses de défense
nationale, INFLAT : taux d’inflation (moyenne annuelle), CRED : crédit à l’économie, CAH(-1) : niveau du capital humain de la période précédente, PRIM : taux de scolarisation primaire et WAR :
guerre (variable dummy).



Présentation des résultats et Conclusion
Les résultats obtenus sont révélateurs. Il a permis de préciser le débat concernant la relation entre guerres et contre-performances économiques en RDC, en ce sens qu’il montre qu’il faut chercher
les causes de contre-performances économiques ailleurs, notamment dans la gouvernance. Autrement dit, l’effort du gouvernement doit plus se focaliser sur le mode de gestion de la Res publica et non
sur la guerre qui n’est qu’une des conséquences de la mal gouvernance.

Tableau 2. Résultat de la régression par les DMC sur l’équation de croissance
Substituted Coefficients:
=====================
DTPIBH = 0.537 + 0.003*TCAP + 0.020*TCAH(-1) + 0.0002*DDPIBR - 0.065*DEDN + 0.282*WAR
(2.126) (0.972) (0.883) (22.931) (-2.790) (0.776)
(0.045) (0.341) (0.386) (0.000) (0.011) (0.446)

R2 = 0.97 D-W = 1.659 Prob(F-stat) = 0.0000

Tableau 3. Résultat de la régression par les DMC sur l’équation de du capital physique
Substituted Coefficients:
=====================
TCAP = -4.776 + 0.121*DTPIBH + 4.129*DTPIBH(-1) +0.007*INFLAT(-1) +0.0084*CRED + 15.61*WAR
(-0.604) (0.075) (2.379) (5.220) (0.007) (0.678)
(0.552) (0.941) (0.026) (0.000) (0.994) (0.505)

R2 = 0.72 D-W = 2.173312 Prob(F-stat) = 0.0258

Tableau 4. Résultat de la régression par les DMC sur l’équation du capital humain
Substituted Coefficients:
=====================
TCAH = 36.1167 + 0.278*DTPIBH - 1.693*CAH(-1) + 0.385*PRIM + 0.197*DEDN + 0.257*WAR
(2.763) (0.659) (-2.88) (-3.038) (0.831) (0.074)
(0.011) (0.517) (0.009) (0.006) (0.415) (0.942)

R2 = 0.46 D-W = 1.915 Prob(F-stat) = 0.014


L’analyse économétrique, fondée sur les différents tests, fait également ressortir les points importants suivants : les dépenses de défense nationale exercent une influence négative sur la
croissance ; en effet, l’augmentation d’un point de dépenses de défense entraîne une diminution de 0.065 point d