Nicolas Sarkozy en mars prochain à Kinshasa

Publié le par Cornelis Nlandu-Tsasa


Nicolas Sarkozy en mars prochain à Kinshasa


Kinshasa - L’ambassadeur de France en RDC, Pierre Jacquemot, a qualifié de « mauvaise interprétation » l’initiative du Président de la République française pour sortir de la crise endémique dans l’Est de la RDC, à l’occasion des vœux du corps diplomatique sur la situation dans les Grands Lacs. Le diplomate français a fait cette déclaration lundi, à l’issue de l’audience que le ministre des Affaires étrangères, Alexis Thambwe Mwamba, lui a accordée pour avoir des explications sur la récente déclaration du Président Nicolas Sarkozy portant sur la situation dans la région des Grands Lacs.

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M. Jacquemot a souligné qu’il a remis au ministre Alexis Thambwe Mwamba un aide mémoire qui prend la déclaration du Président français comme une contribution à la paix durable dans l’Est de la RDC, dans le cadre d’un renforcement des liens d’amitié entre la France et la RDC, qui sera au centre de la prochaine visite du Chef de l’Etat français, en mars prochain à Kinshasa.

Il a souligné qu’il était temps de lever immédiatement le malentendu, la mauvaise lecture au lendemain de la déclaration du Président français lors des vœux au corps diplomatique. Selon l’ambassadeur de France en RDC, il faut s’attaquer aux causes fondamentales de la guerre endémique au Congo dont "la surpopulation des uns et les richesses des autres ont généré des convoitises", débouchant sur des conflits.

Après 1994, a-t-il indiqué, l‘exploitation frauduleuse des ressources minérales (coltan, tungstène, or, et à un moindre degré le cobalt, les rubis et les pierres semi-précieuses) s’est développée, associée à une forte demande mondiale. L’exploitation du charbon de bois, de bois tropicaux, de viande, de thé et la papaïne constituent des ressources d’appoint, a fait savoir le diplomatique français.

Pierre Jacquemot a estimé que l’Est de la RDC, la région au coeur de tous les conflits, est devenu une zone de non droit, depuis que l’exploitation et le commerce frauduleux se sont installés à grande échelle, créant une économie militarisée où les chefs de guerre s’associent aux hommes d’affaires pour exporter les minerais sur les marchés porteurs. Cette économie militarisée se fait au détriment de la population. Elle est exportée par des réseaux maffieux dont la réalité existe depuis 1994.


La France respecte l’intangibilité des frontières de la RDC


La guerre se nourrit de la fraude, a précisé l’ambassadeur de France. L’une des solutions que compte proposer la France : il faut briser cette économie de guerre qui génère à la fois la violence, le pillage, le travail humain dans les mines et les déplacements massifs des populations et qui n’apporte rien à la RDC. La France respectera l’intangibilité des frontières de la RDC et qu’il n’y aura pas de « Kosovo » dans les Grands Lacs, les communautés devant coexister dans leur diversité, les haines devant s’éteindre et le développement de la région n’étant pas compatible avec la poursuite d’une économie frauduleuse.

Il a plutôt préconisé de pousser les pays de la région d’aller vers une intégration économique qui prend en compte les besoins identiques en énergie, en biens alimentaires, en infrastructures, en investissements sociaux (santé, éducation, logements sociaux). La France a lancé un appel à la MONUC dans son nouveau mandat, à l’ONU et l’OCDE (Organisation pour la coopération et le développement en Europe) d’exercer une pression internationale pour agir contre cette économie illicite et pour couper les vivres aux seigneurs de la guerre, en « moralisant » l’activité des multinationales, a-t-il dit.


« La RDC n’est ni à céder, ni à vendre ou à offrir gracieusement », selon le député Jean-Claude Vuemba


Kinshasa - Le député national Jean Claude Vuemba, président du Mouvement du peuple congolais pour la République (MPCR), a déclaré lundi à Kinshasa que la « RDC n’ont ni à céder, ni à vendre, et encore moins à offrir gracieusement », en réaction à la déclaration du Président français Nicolas Sarkozy pour une conférence internationale sur la répartition des richesses de l’Est de la RDC.

Le député Jean-Claude Vuemba a souligné qu’on ne peut penser un seul instant à partager ces richesses, car l’intégrité du territoire du Congo n’est pas à marchander. « Nous n’avons aucun problème avec le peuple français. Nous commençons à avoir un différend avec le Président Sarkozy », a-t-il dit, rappelant que la première tentative de parler de cette redistribution des richesses de l’Est avait échoué en 1997 avec l’arrivée de l’AFDL. Il ne comprend pas qu’onze (11) ans après, le Président français puisse suivre le schéma de son ministre des Affaires étrangères de remettre en scelle cette idée de parler de redistribution avec le Rwanda.

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