Le parti de Bemba estime que la CPI ne prouvera pas sa culpabilité

Publié le par Cornelis Nlandu-Tsasa

Le MLC estime que la CPI ne réussira pas à prouver la culpabilité de Bemba

 

Kinshasa - Le Mouvement de libération du Congo (MLC), principal parti d’opposition en République démocratique du Congo, a estimé, mercredi à Kinshasa, que la Cour pénale internationale (CPI) ne pourrait pas établir la responsabilité de Jean-Pierre Bemba comme chef militaire.

Dans une version amendée de l’acte d’accusation initial, le procureur de la CPI qui se débat comme un diable dans un bénitier, pour accabler mordicus Bemba, a retenu lundi la responsabilité pénale en tant que chef militaire contre l’ancien vice-président congolais.

«Nous ne voyons pas comment le procureur (Luis Moreno-Ocampo), même avec cette requalification des charges, va prouver que Jean-Pierre Bemba avait l’effectivité du commandement des troupes envoyées en Centrafrique», a déclaré à l’AFP François Muamba, secrétaire général du parti de Bemba.

L’ex-candidat à l’élection présidentielle en RDC en 2006, qui avait été exfiltré de Kinshasa en avril 2007 pour le Portugal pour des raisons médicales, est accusé de crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en République centrafricaine en 2002-2003. Les soldats de la rébellion du MLC étaient allés appuyer le régime du président centrafricain Ange-Félix Patassé, menacé par une rébellion du général François Bozizé, qui avait fini par s’emparer du pouvoir.

Des juges de la CPI avaient demandé le 4 mars à M. Moreno-Ocampo de requalifier «le type de responsabilité pénale» imputée à M. Bemba, estimant que les éléments de preuve présentés par l’accusation semblaient établir qu’un «crime différent» que celui allégué par l’accusation «(avait) été commis». Ils avaient estimé que M. Bemba pourrait être poursuivi comme «chef militaire et supérieur hiérarchique» pour les crimes commis par sa milice en République centrafricaine.

«Nous sommes confiants et attendons avec sérénité la décision des juges d’ici fin juin. Nous sommes convaincus qu’ils vont devoir rendre justice à Bemba», a ajouté M. Muamba.

Dans l’acte d’accusation initial, le procureur estimait que M. Bemba, 46 ans et arrêté le 24 mai 2008 à Bruxelles, était «pénalement responsable, conjointement avec une autre personne ou par l’intermédiaire d’autres personnes», de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

 

Trois opposants toujours détenus illégalement à Kinshasa

 

Kinshasa - L’Association africaine de défense des droits de l’Homme (Asadho) a exprimé mardi sa «vive préoccupation» suite à la détention jugée illégale depuis trois mois à Kinshasa de trois membres d’un parti d’opposition.

«L’Asadho exprime sa vive préoccupation au sujet de l’enlèvement et la détention illégale au Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK) de trois militants de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS)», une formation non représentée au Parlement, écrit l’ONG dans un communiqué.

Il s’agit, selon l’Asadho, de Louison Kusa, Socrate Tshany et Papy Kongolo, enlevés fin décembre 2008 et début janvier 2009 par les services spéciaux et qui n’ont jamais été présentés devant un juge pour présenter leurs moyens de défense, en violation aux règles élémentaires de droit.

«On a rencontré les détenus mais ils disent ne pas connaître le motif précis de leur arrestation. Selon eux, il s’agit d’un harcèlement du gouvernement à leur encontre», a déclaré à l’AFP le président de l’Asadho, Me Jean-Claude Katende.

L’ONG recommande au procureur général de la République d’ordonner «(leur) mise en liberté» et à l’inspecteur général de la Police d’engager des poursuites judiciaires «à l’encontre des policiers qui (les) ont arrêtés arbitrairement».

Grand parti d’opposition aujourd’hui en déperdition et fondé dans la clandestinité en 1982 pour combattre le régime Mobutu, l’UDPS avait boycotté les élections générales de 2006 et 2007 et n’est donc pas représenté dans les institutions en place. Son chef historique, Etienne Tshisekedi, vit actuellement en Europe alors que la plupart de ses dirigeants ont rejoint d’autres partis jusque, pour certains, à embrasser l’AMP et même le PPRD au pouvoir.

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