Interdiction de citer les noms des autorités dans les chansons

Publié le par Cornelis Nlandu-Tsasa

 

Interdiction de citer les noms des autorités publiques dans les chansons, enfin !

 

Kinshasa - Le ministre de la Communication et des médias, Lambert Mende Omalanga, a interdit, par une lettre circulaire adressée aux organes de presse audiovisuels, la citation abusive des noms des autorités publiques dans les chansons et spectacles à caractère commercial.

L’interdiction du ministre Mende vient mettre fin à la tolérance observée dans cette pratique incivique depuis la mesure prise le 15 septembre 2005 par la Commission nationale de censure des chansons et des spectacles suivant la lettre n°Just/05/CNCCS/053/2005 du président de cette commission. Une exception est cependant accordée aux œuvres produites et diffusées dans le cadre de l’appui du monde artistique à l’effort de reconstruction nationale.

Les artistes musiciens et dramaturges congolais, rappelle-t-on, ont instauré dans leurs prestations, une pratique dénommée « Libanga », consistant à mentionner des noms de personnes dans leurs œuvres moyennant des espèces. sonnantes

Pour se faire prévaloir, certains d’entre eux vont jusqu’à insérer dans leurs chansons des noms des autorités et mandataires publics sans en avoir reçu l’autorisation mais lorgnant quelque chose en retour.

Néanmoins, dans cette culture « ndombolo » qui pollue la moralité congolaise, les autorités citées s’en orgueillissaient même. Pour preuve, personne n’a jamais porté plainte contre Olomide, Werrason ou JB Mpiana, passés maîtres dans cet art, allant jusqu’à entrer en studio d’enregistrement avec un cahier de brouillon truffé d’une litanie de noms. 

Ainsi, on a souvent entendu en toute impunité les noms de Barnabé Kikaya, particulier du président Kabila, Emile Bongeli, ministre, Evariste Boshab, secrétaire général du PPRD passé depuis au perchoir de l’Assemblée, Augustin Katumba Mwanke ou encore Christophe Muzungu. Et même des noms des généraux, ou des gouverneurs de province tel Moïse Katumbi.

 

André Kimbuta et de Vital Kamerhe les plus prostitués

 

Mais les noms les plus prostitués par ces musiciens écervelés en mal d’inspiration demeurent certainement ceux d’André Kimbuta et de Vital Kamerhe – qui risque d’ailleurs de ne plus être courtisé depuis qu’il a été lâché par ses compères du PPRD. 

Ce qui est le plus lamentable est que ceux qui sont ainsi célébrés par nos musiciens sans moralité sont souvent les plus obscurs et les plus médiocres, ou parmi les nouveaux riches qui ont le plus pioché dans la caisse de l’Etat et qui, en aucun cas, ne peuvent justifier leur richesse insolente par leur seul salaire.

Nos musiciens sont ainsi arrivés à privilégier la médiocrité et à délaisser ceux qui méritent de passer à la postérité, tel un général comme Mbuza Mabe, le seul qui a pu repousser une attaque au Kivu, Floribert Chebeya et ses compères qui abattent un travail appréciable en matière de défense des droits de l’homme, ou l’étudiant qui a réussi le pourcentage le plus élevé aux Examens d’Etat, et pourquoi pas un certain Etienne Tshisekedi, l’infatigable opposant, aujourd’hui fatigué. La liste n’est pas exhaustive.

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