Commentaire d`un confrère kinois sur l`Attaque de Mbandaka

Publié le par Cornelis Nlandu-Tsasa

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Commentaire d`un confrère kinois sur l`Attaque de Mbandaka

 

Je viens de découvrir un journal qui paraît à Kinshasa aussi bien sur papier (Le Climat Tempéré) que sur le web (www.leclimattempere.com). Avec une indépendance d`esprit qui frise l`audace – ce qui est de bon aloi pour une publication qui se veut de qualité – et un style qui approche l`excellence, ce bi-hebdomadaire, si on lui accorde vie, va sûrement devenir, en un temps record, l`un des plus grands de la capitale congolaise et sûrement de la RDC.

Le Climat Tempéré semble encore se chercher au niveau de la reconnaissance par les lecteurs. Mais, ceux qui l`ont découvert sont unanimes : il s`agit bien la d`une vraie presse telle qu`on la connaît dans le monde moderne, et non d`une simple feuille de choux.

 

A lire la page d`accueil de son site, on appréhende vite les atouts sur lesquels les initiateurs du journal ont misé en vue d`obtenir, en aval, un produit d`une telle qualité. « La mise sur le marché de ce titre, « Le Climat Tempéré », ne relève pas d’un caprice ou du génie d’un jour. C’est l’aboutissement d’un projet bien mûri. Nous n’avons négligé ni les leçons des autres ni aucune des réalités du paysage médiatique congolais, notamment les coûts, la faiblesse du pouvoir d’achat du lectorat, l’exiguïté des tirages de la presse écrite, l’étroitesse du marché publicitaire, la mauvaise distribution des journaux sur l’étendue du territoire national », peut-on y lire.

Ci-après le dernier « Commentaire » publié par ce bi-hebdo sous le titre « Elégance politique », sur l`Attaque de Mbandaka » et le point de presse du ministre des Médias :

 

Elégance politique !

Par L. Mantha, Kinshasa 14/04/2010

 

www.leclimattempere.com

 

Alors que les G.I’s lançaient l’assaut sur Bagdad, MSS niait les faits et disait notamment à l’opinion: « Ils ne sont même pas à 100 miles de Bagdad. Ils ne sont nulle part. Il s’agit d’une illusion. Ils sont en train d’essayer de vendre aux autres une illusion. Il n’y a pas d’infidèles américains à Bagdad. Jamais ! Je vous le garantis trois fois, il n’y a pas de soldats américains à Bagdad. Soyez assurés, Bagdad est sûr, protégé ».

Plus tard, pendant que les soldats américains arpentaient déjà certaines rues de la ville défaite, il déclarait : «Je peux dire, et je suis responsable de ce que je dis, que les soldats américains ont commencé à se suicider sous les murs de Bagdad ». Mohammed Saeed al-Sahaf était du genre à vous communiquer un bilan imaginaire de batailles fictives. En voici un de son cru : « Nous avons détruit 2 chars, des avions de combat, 2 hélicoptères. Nous avons repoussé les Américains. Et les forces britanniques qui ont été abandonnées sur le terrain ont été éliminées, à l’exception de ceux qui ont fui ». Il prenait une telle liberté avec les faits que ses perles ont été collectionnées et sont servies pour faire dérider.

Après les sanglants événements de Pâques, à Mbandaka, certaines relations qui en sont faites aujourd’hui ne sont pas sans rappeler vaguement les sorties impayables de ce communicateur entièrement à part, qui se plaisait à vouloir faire prendre des vessies pour des lanternes. Il y a quelques jours donc, une centaine d’Enyele entrent dans Mbandaka, tirent à l’arme lourde et légère, se déploient à plusieurs points stratégiques du chef lieu de l’Equateur et s’en emparent, tuent des Casques bleus onusiens, des militaires et des policiers congolais… Aujourd’hui, à Kinshasa, on banalise.

Le discours officiel préfère ne voir là que l’action d’un petit groupe de terroristes, qui ne cherchaient qui ont commis des actes de violence dans le seul but d’intimider ou d’impressionner, qui n’articulent aucune revendication digne d’intérêt, en dehors du fait qu’ils sont mécontents d’avoir été empêchés d’exercer leur domination sur les tribus voisines…

L’effet de panique passé, l’on a tendance à pavoiser et à relativiser le rôle de la MONUC dans la reprise en mains de la situation à Mbandaka par les vaillants éléments des Forces armées de la République Démocratique du Congo. Mieux encore, la MONUC est accusée de "non assistance à personne en danger".

Selon le gouvernement congolais, un nommé Roger Mongaba a été "abattu immédiatement par le commando au nez et à la barbe du contingent de la Monuc, qui n'est pas intervenu". "Et on nous dit que ces soldats onusiens sont ici pour protéger les civils, ils avaient une mitrailleuse déployée, les faits se passaient à 25 mètres de la guérite où se trouve déployée la mitrailleuse, ils ont assisté comme à un match de football" ! S’indigne le gouvernement par la voix de son porte-parole qui questionne sérieusement la méthodologie de mise en œuvre par la Mission onusienne de sa mission consistant à « protéger des civils en Rdc». D’où cette affirmation définitive : «le gouvernement congolais est conscient de l’indispensable nécessité d’une aide au renforcement de son système de sécurité. Mais il entend organiser désormais un tel soutien dans le cadre d’une coopération classique, à l’instar de tous les pays qui bénéficient de l’appui des Nations Unies sans qu’il soit nécessaire de le maintenir dans le régime d’exception que la RDC a expérimenté depuis 1999».

Des informations indiquent qu’à la MONUC l’on serait ulcéré par cette volée de bois vert et que face à l’affront subi, l’on envisagerait une réaction diplomatique appropriée. Un autre groupe qui en a pris pour son grade, c’est l’opposition dont des membres sont accusés de participation criminelle.

Dans le fond, toute cette distribution de coups et sa médiatisation tous azimuts fait quelque peu désordre. Elle a le don d’écorner la solidarité que l’on est en droit d’attendre de tous envers cette population tout fraîchement éprouvée de Mbandaka.

N’était-il pas plus indiqué de faire l’économie d’une nouvelle querelle politicienne, avec d’un côté les bons et d’un autre les mauvais, sur une question où des gens ont manifestement choisi de défier l’ordre républicain ? Faut-il vraiment que des dossiers délicats relevant encore d’enquêtes policières secrètes soient balancés sans précaution, au risque de jeter en pâture l’honneur et la dignité d’individus à priori respectables ? Le gouvernement ne perd rien à mettre de la forme dans ses faits et gestes. Mais surtout dans les mots. Elégance politique oblige !

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