L’UREC réussit une grande journée de l’opposition à Bruxelles

Publié le par Cornelis Nlandu-Tsasa

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L’UREC réussit une grande journée de l’opposition à Bruxelles

 

Prélude de la reconstitution de l’Union sacrée ?

 

Par Cornelis Nlandu

 

L’opposition congolaise semble à bout de souffle. Le pouvoir s’évertue à museler toute velléité susceptible de lui faire de l’ombre, expliquent ses partisans. Alors on se déporte vers l’extérieur pour tenter d’exhiber ses muscles et prouver que l‘on conserve des ressources intactes. En tout cas, c‘est l’impression qui transparaissait de la journée à laquelle on a été convié le samedi 6 février à Bruxelles.

 

L’UREC (Union pour la reconstruction du Congo), le parti cher à Oscar Kashala, a organisé un Drink de Nouvel an le samedi 6 février à l’Espace Matonge de Bruxelles, un événement qui a plutôt ressemblé à une grande messe de l’opposition congolaise pour ameuter les troupes, à voir les personnalités invitées à cette occasion.

Officiée par la présidente de la Fédération de l’UREC pour l’Union européenne, Mme Louise Ngandu, également directrice politique de ce parti, la cérémonie a connu la participation des principales figures de l’opposition extérieure, à savoir Mme Justine Mpoyo Kasa-Vubu, présidente du Mouvement des démocrates, ainsi que les représentants extérieurs que sont le Dr Jean-Jacques Mbungani du MLC, Dr François Tshipamba Mpuila de l’UDPS et Albi Bweya de l’ANADER (Alliance nationale des démocrates pour le reconstruction), sans oublier Félix Tshisekedi, pressenti comme le successeur potentiel de son illustre père à la tête de l’UDPS.

DR MBUNGANI, ALBI BWEYA, MME NGANDU, DR MPUILA, JUSTINE KV De g à dr: Dr Mbungani, Albi Bweya, Louise Ngandu, Dr Mpuila, Justine Kasa-Vubu, Félix Tshisekedi (presque caché)
La concentration de ces politiciens a fait planer dans la salle un fort parfum de regroupement d’avant les élections, sûrement commandé par leurs états-majors respectifs. Si le directeur de la Communication de l’UREC, M. Bruno Kasonga, que nous avons accosté, s’est refusé à toute déclaration au sujet du rapprochement souvent évoqué avec insistance dans les milieux informés entre son parti et l’UDPS, la présence tant remarquée sur les lieux de l’héritier politique du lider maximo Etienne Tshisekedi ne faisait que conforter les spéculations dans ce sens.

DR MPUILA, JUSTINE KASAVUBU, FELIX TSHISEKEDI Inédit: Mpuila, Justine et Félix. Qui l'eut cru ?

Dans le même registre, le représentant extérieur de l’ANADER n’a pas pour sa part usé de la langue de bois. De l’avis de M. Albi Bweya en effet, il faut tirer, et à temps, les leçons de la débâcle de l’opposition lors des élections de 2006. « Il est plus que temps de canaliser les ambitions personnelles des leaders de l’opposition en se regroupant dans un grand cartel, qui proposerait des candidats à divers échelons du pouvoir, de façon à ne plus diluer nos chances de succès », nous a-t-il affirmé.

La RDC est un pays particulier et, donc, ce genre d’alliance doit être réalisée en amont, avant même le premier tour des élections, a reconnu le délégué de l’ANADER, également partenaire privilégié de l’UREC au sein de l’Internationale libérale.

 

Sombre bilan à la veille du cinquantenaire, selon l’UREC

 

Mais la présidente fédérale de l’UREC a surtout profité de l’opportunité pour dresser le bilan de la RDC, à la veille de la célébration des 50 ans de son indépendance, lequel elle a qualifié de « très sombre et globalement négatif ». Le contraire aurait d’ailleurs été un mirage. Pour Louise Ngandu, le pays est sinistré, avec un désastre humain aujourd’hui catalogué comme la tragédie la plus grave qu’ait connue l’histoire de l’humanité.

Le pouvoir n’exerce plus ses fonctions régaliennes, se distinguant plutôt par une gestion calamiteuse de l’état et pactisant avec les pays qui avaient agressé et occupé le Congo, a-t-elle estimé avant d’ajouter que leurs armées sont revenues sur le sol congolais avec armes, femmes et enfants. Une complaisance qui sous-entend que les nombreux forfaits commis devraient demeurer impunis, de l’avis de Mme Ngandu qui faisait ainsi allusion aux massacres sur la population congolaise, au viol des enfants, filles et femmes et à l’incendie des villages notamment 

Sur le plan économique, la représentante de l’UREC a épinglé l’absence de toute planification, qui a aggravé la criminalisation de l’économie, alors que la carence du système judiciaire a favorisé les détournement des fonds. Les salaires des militaires, même ceux qui sont au front, ceux des médecins, des enseignants et autres agents de l’Etat ne sont versés que sporadiquement et à un taux si misérable que l’amélioration des conditions de vie de la population, tant promise par Kinshasa n’est jamais réalisée, a-t-elle déclaré.

Mais on retiendra surtout de cette journée politique un regain de vitalité de l’opposition, dans la perspective d’une plus grande visibilité à l’intérieur de la RDC, où l’opposition qui souffre d’une apparente léthargie, a longtemps abandonné le terrain politique aux partis au pouvoir.

Oscar Kashala, président national de l’UREC, avait réussi à se hisser à la 4ème marche du podium au premier tour des présidentielles en 2006, de surcroît pour une personnalité alors fraîchement engagée en politique, derrière Joseph Kabila, Jean-Pierre Bemba et Antoine Gizenga et avant Nzanga Mobutu sur un total de 33 candidats en lice. Ce qui a boosté ses partisans dans leurs attentes et, surtout, rallié à sa cause les électeurs indécis ainsi que des vieux routiers de faible envergure en quête de repositionnement.-

 

 

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