La famille Kasa-Vubu a rendu hommage au Père de l'Indépendance

Publié le par Cornelis Nlandu-Tsasa

 

50 ans de la souveraineté nationale du Congo

 

La famille Kasa-Vubu a rendu hommage au Père de l'Indépendance, alors que Kinshasa travestit l'Histoire

  

Par Cornelis Nlandu

 

Président Kasa Vubu 

Le président Joseph Kasa-Vubu, le pionnier de l'Indépendance congolaise

 

La famille du premier président de la République démocratique du Congo, M. Joseph Kasa-Vubu, a organisé une cérémonie du souvenir, le 19 décembre dernier à Bruxelles, en hommage au père de l'indépendance congolaise qu'il est et ce, en présence de M. Guy Spitaels, légendaire président du Parti socialiste belge, qui fut son directeur de cabinet adjoint. A cette occasion une messe d'action de grâce a été célébrée en l'Eglise Saint Paul de Woluwe Saint-Pierre, avant une réception donnée au Château du Manoir d'Anjou de la même commune. 

Dans son allocution, Adolphe Kasa-Vubu, l’aîné des enfants, a dédié la messe au père de l’indépendance nationale, M. Joseph Kasa-Vubu, ainsi qu'à tous ses compagnons de lutte pour la souveraineté nationale, à savoir ses collaborateurs Patrice-Emery Lumumba, qui fut aussi son Premier ministre, Joseph Kasongo, 1er président de la chambre, Joseph Ileo, 1er président du Sénat, et bien d’autres encore qui ont payé de leur sang pour la sauvegarde de l’unité nationale et la réalisation de l’indépendance.

kasavubu501 Adolphe Kasa-Vubu en pleine allocution

 M. Adolphe Kasa-Vubu a présenté le père de l'indépendance congolaise comme un modèle qui continue à manquer à la République démocratique du Congo. Fédéraliste de principe, unitariste de cœur, il a, tout son engagement durant, réclamé avec ses compagnons de l’Abako, sa formation politique, l’indépendance immédiate et inconditionnelle, a précisé l'orateur.

Elu président de la République le 24 juin 1960, Joseph Kasa-Vubu qui était un rassembleur et un homme de paix. s’est dévoué à instaurer la meilleure cohésion possible du pays afin de sauvegarder l’unité nationale, combattant les diverses sécessions. Il a toujours privilégié le dialogue à la violence, la considération de son interlocuteur et la sauvegarde de la dignité humaine.

"Relégué en résidence surveillée en 1965 à Boma, abandonné de tous, je fus son confident exclusif, son témoin fidèle, son secrétaire le plus attentif", a confié Adolphe Kasa-Vubu.

 

Création d'une association dénommée "Génération Kasa-Vubu"

 

Pour lui, le premier président deu Congo était un homme intègre et honnête, qui réaffectait aux services de sa patrie tout surplus non dépensé à l’occasion d’un voyage d’Etat. Alors, comment ne pas choisir cet homme aux multiples qualités comme exemple, s'est-il interrogé avant d'annoncer la création d'une association dénommée "Génération Kasa-Vubu", dirigé par le cadet des fils, Michel Kasa-Vubu.

Le président Kasa-Vubu a été longtemps oublié, ignoré, sans reconnaissance et sans que le peuple ne se rappelle de la dévotion de sa personne, a relevé son fils aîné qui a ainsi remercié ses compatriotes et les amis du Congo de par leur présence à cette cérémonie à l’hommage mérité par cet homme d’Etat que regrette encore la nation congolaise tourmentée. Sur son lit de mort, le 24 mars 1969, pendant que Monseigneur Ndudi, évêque de Boma lui administrait l’extrême onction, il a dit : « Dites Monseigneur aux autorités du pays de faire tout en leur pouvoir pour sauvegarder l’indépendance nationale et l’unité du pays ».

 

Kinshasa s'entête à travestir l'histoire

 

kasavubu502Avec Guy Spitaels

 

L'aîné des Kasa-Vubu a également remercié tous les Congolais qui ont pris l’initiative et contribué d’une façon ou d’une autre à la réalisation au pays d'un monument en son honneur, érigé sur la Place Kimpuanza, dans la commune qui porte son nom à Kinshasa. Un hasard, croyez-vous, que la Place Kimpuanza (signifiant "indépendance", en kikongo de surcroît) soit située dans cette commune ?

L'histoire est têtue. On peut s'évertuer à la travestir, elle finit toujours un jour par se venger. En effet, lorsqu'on parle de l'Indépendance de la RDC, même certains historiens qui se nourrissent aux mamelles du parti au pouvoir tentent d'occulter le nom de son père, le Président Joseph Kasa-Vubu, celui-là même qui fut le premier à réclammer "l'indépendance immédiate". En vain. La formation politique à laquelle ces intellectuels vagabonds veulent faire plaisir a fini par confondre ses propres thuréféraires.

Même si, jeudi dernier, six "pères de l'indépendance" ont été décorés à l'hémicycle du Palais de la nation, sans que le nom de Joseph Kasa-Vubu ne soit mentionné une seule seconde, c'est peine perdue. La vérité ne peut éternellement être étouffée. Pour mémoire en effet, le Commissariat général adjoint au Cinquantenaire a présenté le prophète Simon Kimbangu, le cardinal Joseph Malula, Antoine Gizenga, Justin Bomboko, Christophe Gbenye et Marcel Bisukiro (vous le connaissez, vous ?), comme "pères de l'indépendance", qui ont reçu les insignes correspondants - ceux décédés l'ont été par leurs représentants - des mains du président Joseph Kabila et admis dans l'Ordre national "Kabila-Lumumba" nouvellement institué et dont ils sont les premiers récipiendaires.

A cette occasion et par la même magie résultant du miracle congolais ordinaire, MM. Gizenga, Bomboko, Gbenye et Bisukiro ont acquis le statut de "ministre" avec avantages y afférents en termes d'"émoluments, de soins de santé, de véhicule de fonction et de passeport diplomatique".

Dans ce pays où ce sont les politiciens qui écrivent l'histoire, sans toutefois en détenir la qualité, le premier d'entre les pionniers de l'indépendance, à savoir M. Joseph Kasa-Vubu, est soigneusement oublié, avec la bénédiction de nos scientifiques alimentaires. On va dénicher un obscur Bisukiro, que seule l'arrivée de Gizenga à la primature va déterrer, alors que, dans l'ivresse du pouvoir, on oublie de décorer Lumumba, Bolikango, Kashamura, etc.

Par ailleurs, cette curieuse dénomination de l'Ordre national "Kabila-Lumumba", en lieu et place par exemple de "l'Ordre du cinquantenaire", "de la réconciliation" ou de "l'unité nationale", comment peut-on s'amuser à l'inventer comme du temps du funeste "Djalelo", lorsque l'on sait que lors des événements du 4 janvier qui ont été le précurseur de l'indépendance, Lumumba n'était même pas à Kinshasa ? Et l'allusion à Kabila dans tout cela ? Créée en marge des 50 ans de l'indépendance, réflète-t-elle l'événement ? Comment ne pas lire les signes des temps pour se rendre compte que l'instigateur est un simple flatteur et qu'une telle dénomination va rapidement disparaître avec les humeurs si changeantes dans ce pays ?

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Pascal Kapella 07/07/2010 08:54


Il est malheureux de constater comment des personnes mal informees veulent ecrire l'histoire du pays et falsifient les faits qui devaient parler par eux-memes. Nous qui avions vecu les evenements
du 4 janvier a Kinshasa et y avions risque notre propre vie, nous qui sommes les temoins vivants du deroulement des travaux de la table ronde de Bruxelles, nous sommes inquiets de ce que nos
historiens enseigneront a notre posterite. Et c'est bien dommage. Nous pensons que le ministre Bomboko aurait du, lui au moins, corriger la flagrante erreur qu'on a fait commettre au president
Kabila en lui soumettant une liste "ridicule" des soi-disants peres de l'independance du Congo.
Nous y reviendront.


Albert KISUKIDI 06/07/2010 10:46


CHERS COMPATRIOTES

Quant on s'acharne à travestir l'histoire d'un pays l'on entre dans des confusions non seulement qui rabaissent leurs auteurs ,mais également l'ensemble du pays.
L'on s'attendait à la création d'un Ordre national commémoratif du 50ème anniversaire de l'indépendance, non pollué par de considérations idéologiques partisanes et l'on se retrouve devant un
"Ordre national Kabila-Lumumba".

Je suis Congolais progressiste et forcément nationaliste, Lumumba et Kabila sont mes héros , comme il se doit. Et, en outre quand je proclame que je suis nationaliste et fédéraliste et que Joseph
KASA-VUBU fut un nationaliste retors, vindicatif et fédéraliste, les cons n'y comprennent plus rien, mais je ne suis pas ici pour leur fournir l'explication politique ou "scientifique".

Mes observations sont motivées par le bon sens, ou peut-être, la sagesse en moins, empreintes de quelque chose de posé comme les sentiraient un certain Saint-Jean vieillissant, devant ses écrits
sur l'Apocalypse.

Revenons sur terre, je suis guidé par mes curiosités qui ne m'empêchent pas, ni de dormir sur mes deux oreilles, ni de me marrer. Forcément !

Et c'est donc curieux de voir Simon KIMBANGU, le plus vieux prisonnier politique en Afrique, dans la Colonie belge du Congo-Belge, le premier à sonner le tocsin pour le départ des Belges du Congo,
honoré du grand Cordon de "l'Ordre National KABILA - LUMUMBA".

A la nouvelle l'on dirait d'emblée bravo !

C'est donc la consécration de Simon KIMBANGU comme précurseur déterminé à vouloir bouter dehors les colonialistes belges ! car l'on ne condamne pas à mort en la commuant en emprisonnement à vie
pour une histoire de "prier Jésus autrement" ! Tous nos compatriotes ont finalement compris, que KIMBANGU fut un dangereux politique pour les colonialistes. Que les kimbanguistes confessionnels
s'accrochent à autre chose qui serait un plus, c'est de leur droit. Nous c'est le libérateur politique national que nous honorons ici !

Mais, enfin, honorer Simon Kimbangu d'un "Ordre national Kabila-Lumumba", n'est-ce pas l'inverse qui aurait été plus logique, c'est-à-dire, honorer PE LUMUMBA et LD KABILA d'un éventuel "Ordre
National Simon KIMBANGU" d'autant plus que tous les trois sont morts et et que Simon KIMBANGU est leur ainé tant politique que biologique ? Ne marcherait-on pas pas sur la tête dans notre si chère
patrie RDC ?

Ou alors pourquoi ne pas créer Trois Ordres Nationaux ? :

1 / Ordre National KIMBANGU-LUMUMBA" dont Kabila serait honoré d'un grand cordon ;
2 / Ordre National KIMBANGU-KABILA dont Lumumba serait honoré d'un grand cordon ;
3 / Ordre National LUMUMBA-KABILA dont Kimbangu serait honoré d'un grand cordon (c'est déjà le cas).

Ça ferait déjà rire plus d'un - moi aussi d'ailleurs- et si c'est le cas, c'est qu'ils auraient bien déniché une aberration (erreur de jugement), sinon une entourloupette !

Retenez bien que cet Ordre National n'est même pas dans un odre "Lumumba-Kabila" , mais dans l'ordre "Kabila-Lumumba". Peut-être, l'on aura concédé à l'ordre alphabétique !
Mais pourquoi pas un "Ordre National Lumumba" tout court ?

Qu'à cela ne tienne est-ce vraiment LUMUMBA avait-il besoin de cela pour se faire reconnaître ses mérites, n'est-il pas déjà consacré le premier des "héros" nationaux ?

Un "Ortdre Nationals KABILA-LUMUMBA", pourquoi y mêler LD KABILA, est-ce parce que Joseph KABILA, Président de la République en exercice , est fil de Laurent-Désiré KABILA ?

D'accord , dans ce cas, attendons nous un jour, soyons déjà prêts, quand NZANGA MOBUTU aura sa chance de se hisser au sommet de l'État à ce que tout cela soit balayé pour un "ORDRE NATIONAL MOBUTU
SESE SEKO KUKU NDGUENDO WA ZA BANGA".

Les intellectuels alimentaires jamais à court d' imagination ne dorment que d'un oeil pour voir le rôtissoire ou tournoie le poulet, ne respirent que d'une narine, l'autre occupée en permanence à
sentir d'où s'exhalent les appétissantes effluves d'une marmite à rognons en ébullition. E croyez-moi, la langue française étant riche et large, ils sauront en un quart de tours taquiner les
méninges pour trouver l'argumentation massue et justificative. Et, l'Histoire, la vraie aura toujours bon dos.

Et pourtant si de telles inepties se répétaient, c'est que l'histoire est quelque part têtue et qu'elle ne se satisfait jamais des manipulations inconsidérées. Mal maîtrisée, l'histoire est comme
une anguille sortant vivante de l'eau elle ne se laissera pas facilement emprisonnée entre nos mains

Quant à Kasa-Vubu, il a eu en cadeau son monument sur la Place KIMPWANZA, qu'est ce qu'il lui faut encore, ça suffit comme ça , alors pourquoi penser à lui pour un éventuel "ORDRE NATIONAL
KASA-VUBU" ?

Et l'on oublie superbement comme tout un chacun décidé à falsifier l'histoire que sans lui, Joseph KASA-VUBU, avec son idée "saugrenue(?)", insistante et finalement s'imposant à tous de
"L'indépendance immédiate et inconditionnelle" qui accompagnait "Le Contre-Manifeste de l'ABAKO en 1956", consécutif au "Manifeste de la Conscience Africaine" pour une indépendance qui aurait pu
s'obtenir en 1990; c'est au 20ème anniversaire de notre indépendance qu'on aurait pu être été convié d'assister en cette année 2010 !

C'est vraiment malhonnête de la part de certains de nos compatriotes de condamner le slogan de l'ABAKO porté par Joseph KASA-VUBU de "l'indépendance immédiate et inconditionnelle" et de pourfendre
la hâte avec laquelle nous nous serions précipités pour nous libérer du colonialisme, mais en même temps de ne pas rater la moindre occasion pour se précipiter au guichet de la redistribution des
prix, même les plus farfelus !

Pourquoi penser à lui, à donner à sa descendance quelques billets de dollars, ne serait-ce que pour qu'ils fêtent dignement le jubilé d'or de cette indépendance dont leur ascendant de papa, depuis
1946, avec son fameux "Le DROIT DU PREMIER OCCUPANT", s'engageait à poursuivre l'oeuvre amorcée par Simon KIMBANGU pour la libération de l'Homme Noir et que ce dernier avait relayée de plusieurs de
ses frères, soeurs et compatriotes Bakongo dont la plus illustre est Dona Béatrice KIMPA VITA ?

Oh ! pourquoi donner un peu du picaillon à Adolphe et ses frères et soeurs Kasa-Vubu, alors que leur géniteur de papa avait eu l'idée "imbécile" et "saugrenue" de ne pas s'enrichir à partir du
poste présidentiel de la République qu'il occupa et de ne leur rien laisser ? L'on ne prête qu'aux riches, l'on s'en fout de l'origine de leurs richesses !

Les Kasa-Vubu sont bien comme cela et ils auraient donc leur bonheur en se contentant de peu voire de rien du tout !

Tout cela ne m'empêche pas de me marrer, en attendant que l Histoire avec un grand "H" comme la nature qu'on cache nous revienne au galop pour mettre tout cela en bon ordre...national !

Fraternité, patriotisme et civisme

Albert KISUKIDI