Les équilibres nationaux rompus : Quelle solution pour une adhésion générale ?

Publié le par Cornelis Nlandu-Tsasa

 

 

LOGO-CONTINENT.jpg


Administration et Rédaction : 75, Marius Duchéstraat 1800 Vilvoorde-Belgique – Compte : 000-1779090-13
Tél. : + 32 496 84 26 94 –  e-mail :
cornelisnlandu@yahoo.fr - lesignalmagazine@yahoo.fr 
Représentation Kinshasa : 54, Avenue Ndala - Kinshasa-Lemba - Tél : + (243) 89 81 34 349

 

 

 

Les équilibres nationaux étant rompus

Quelle solution pour une adhésion générale à la reconstruction ?

Cornelis Nlandu

 

La RDC a largement dépassé le temps des thuriféraires. Aujourd’hui, seul compte le sursaut nationaliste, qui dépasse l’intérêt personnel ou régional et régionaliste. La RDC appartient à tous ses fils. Et ce n’est pas par le simple fait d’appartenir au Katanga ou au Maniema qu’on peut frapper sa coulpe et proclamer : « C`est nous seuls qui détenons la solution et pas vous ». Ce serait simplement criminel – le mot n’est sûrement pas assez fort – et l`histoire vous en tiendra rigueur.

A notre arrivée à Kinshasa début décembre 2009, un Congolais anonyme rebuté par l’omniprésence des swahiliphones dans l’administration et d’autres services stratégiques nous avait prévenu que « nous sommes colonisés ». Comme si brusquement ils étaient devenus les plus intelligents de la population. Très peu sont ces Congolais qui avaient saisi le message.

Pire, certains – sûrement des swahiliphones faussement blessés dans leur amour – avaient estimé que le compatriote exagérait. Il a fallu que des étrangers de l’International Crisis Group en fassent mention dans leur rapport, que notre consœur Colette Braeckman du Soir a d’ailleurs commenté sous toutes ses coutures, pour que les esprits lents commencent à ouvrir les yeux.

Aujourd’hui comme des temps du Parti unique, de nombreux Congolais ne se reconnaissent plus en l’action de leur gouvernement, du simple fait que certaines actions sont accomplies pour contenter un clan, en lieu et place de l’intérêt national. Que faire alors ?

 

Une concertation nationale

 

La vraie solution, Laurent-Désiré Kabila ne l’avait pas éludée : elle passe bel et bien par une concertation nationale. En effet, lorsque les fondements mêmes de la république sont menacés, s’ils ne sont pas déjà branlants ou peut-être même démolis, il faut se faire violence. Joseph Kabila non plus n’y a pas dérogé à ses débuts, avec les concertations de Pretoria qui ont débouché sur les accords du même nom.

Aujourd’hui encore, les préalables à une coexistence pacifique sont clairement battus en brèche. Il convient de les restaurer et ce, rapidement. Que le pouvoir n’enivre pas ! Ce qui est inévitable à un pouvoir éternel, que les flatteurs de Joseph Kabila veulent lui faire commettre l’erreur d’instaurer, notamment avec la révision de la Constitution.

La solution ne réside nullement dans la convocation du Conseil supérieur de la Défense. Non, Messieurs. Un des thuriféraires se réclamant de « la presse présidentielle » ne croyait-il d’ailleurs pas si bien dire lorsqu’il justifiait que « l’armée nationale est en pleine gestation », bien que depuis plus d’une décennie ? Le même chantre précisait que dans ce cas il ne fallait pas « trop lui demander ».

Les mêmes causes qui ont produit les mêmes effets et sonné la fin de la 2ème république sont à présent réunies, par l’absence d’une culture d’analyse qui anticipe les dangers. Non, Messieurs, l’intelligence ne se mesure pas au fait d’avoir compris lorsqu’il est déjà tard, mais lorsqu’on a pu anticiper.

Les fondamentaux sont bel et bien rompus. Sinon comment justifier les nombreux assauts que l’on dénombre à travers le pays, du nord au sud, sans quasiment épargner une seule province ? Que cela se passe dans le Bas-Congo ou à l`Equateur, on assiste à un lever des boucliers, ponctué par les mouvements des « soldats de la république » avec lance-roquette et lance-flamme. Bref toute l’armada d’une guerre conventionnelle. Mais aucune réaction lorsqu’il s’agit de l’ex-Kivu, sinon des négociations et brassages coupables. On a certainement longtemps oublié que ce coin du territoire fait toujours partie de la république. Là, ils se terrent tous, gouvernement, autres politiciens et leurs éternels thuriféraires justifiant tous les faits et leur contraire.

 

Un sursaut d’humilité

 

Les fondements sont ébranlés. Sinon comment comprendre que dans une ambassade du Congo, de surcroît en Europe occidentale, la langue officielle y soit le swahili ? Ou dans une administration du Bas-Congo ou une administration communale de Kinshasa que nous avons pu visiter ?

Comment par ailleurs interpréter que lors de la journée de l’UDPS à Bruxelles, les aînés parlaient un langage manifestement inaudible par la jeunesse, alors même qu’ils discouraient sur un même pays, la RDC ? Les premiers estimant qu’il faille poursuivre la lutte pacifique alors que les autres soutenaient mordicus et avec une violence proche de l’émeute qu’une lutte, soit elle est armée, violente ou c’en est pas une, et chaque camp croyant avoir raison.

Les fondements de la nation sont gravement fissurés. Sinon comment comprendre que des parlementaires, des sénateurs, acceptent sans rire un salaire – non, je dirais mieux ‘une corruption’ –  de 7.200 dollars par mois, face à la misère noire d’une population qu’ils sont sensés représenter. Comment n’ont-ils pas osé refuser, par solidarité, face à leurs propres professeurs du secondaire ou de l’université et autres médecins et fonctionnaires qui sont impayés depuis des mois et qui, en conséquence, sont parfois chassés pour cela des maisons qu’ils louent ?

Sans parler de ces ministres endimanchés à vomir, devant des Congolais en guenilles. Ni du scandaleux salaire de ces « excellences » corrompues, ceux du Président et du Premier ministre ? Non, il faut un sursaut d’humilité.

Nous avons rompu les équilibres fondamentaux, qui appelle que nous puissions tous nous arrêter et réfléchir ensemble, afin de sauver une nation irrémédiablement en péril. Et maintenant.

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article